Accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge: Les victimes attendent des réponses

William Molinié

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Des enquêteurs de la police effectuent des recherches sur les lieux de l'accident ferroviaire à Brétigny-sur-Orge le 13 juillet 2013.
Des enquêteurs de la police effectuent des recherches sur les lieux de l'accident ferroviaire à Brétigny-sur-Orge le 13 juillet 2013. — Thibault Camus/AP/SIPA

Les questions des familles de victimes de la catastrophe ferroviaire à Brétigny-sur-Orge (Essonne) ne trouvent pas encore de réponse, le temps judiciaire n’étant pas le même que celui qui serait nécessaire pour tourner la page. «Une proche, que j’ai eue au téléphone aujourd’hui, s’est demandée: “Qui a fait cette sauvagerie?”», rapporte auprès de 20 Minutes l’avocat de 22 victimes, Me Xavier-Philippe Gruwez. Il leur faudra faire preuve de patience avant que l’instruction, en cours, ne livre sa version complète et définitive.

Mais la justice a commencé son travail. Et au moins une quarantaine d’anomalies «de degrés divers» au niveau de l’aiguillage ont été relevées, selon une source judiciaire, confirmant une information du Monde de mardi. «Il faut attendre les expertises métallurgiques», rappelle le parquet. Seules ces dernières pourront éventuellement permettre d'incriminer telle ou telle anomalie comme cause du drame qui a fait sept morts et une trentaine de blessés le 12 juillet dans la gare de cette commune.

Etendre les investigations à la maintenance et à l’entretien

Pour l’instant, l’information judicaire a été ouverte pour homicides et blessures involontaires. Mais en fonction du résultat de ces analyses, le parquet d’Evry pourrait élargir la saisine au chef de «mise en danger de la vie d’autrui», comme le réclame le collège des trois juges en charge de l’enquête. La question du défaut d’entretien étant cruciale.

De leur côté, les victimes ont déposé, via leur avocat des plaintes pour «sabotage en bande organisée». Me Xavier-Philippe Gruwez estime que le parquet doit étendre les investigation à la maintenance et à l’entretien. Selon lui, un boulon, «au moins», était absent de l’éclisse, pièce défaillante de l’aiguillage qui serait à l’origine du drame.