Rentrée: Les nouveautés qui doivent améliorer le quotidien des étudiants

Delphine Bancaud

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Paris le 29 mai 2013. Résidence etudiante du CROUS rue de Bercy. .
Paris le 29 mai 2013. Résidence etudiante du CROUS rue de Bercy. . — A. GELEBART / 20 MINUTES

Démocratiser l’enseignement supérieur. Un objectif fixé par François Hollande à la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, et qui devrait être le fil rouge de sa conférence de presse de rentrée, mercredi. D’autant que cette année sera marquée par les premiers changements tangibles concernant les conditions de vie étudiante. 20 Minutes fait le point sur les nouvelles mesures.

Des bourses revalorisées

Dès septembre, le montant de toutes les bourses sera revalorisé à hauteur de 0,8%. La création d’un nouvel échelon «0 bis» permettra aussi à 52.600 étudiants qui ne bénéficiaient pas jusqu’alors d’aide financière, de toucher 1.000 euros par an de bourse. Par ailleurs, l’introduction d’un 7e échelon permettra aux étudiants issus des familles les plus modestes d’obtenir une revalorisation de 15% de leur bourse. Ils toucheront donc 5.500 € par an dès cette année.

 «Les étudiants les plus modestes vont ainsi obtenir 500 euros par mois. En ajoutant l’APL (aide au logement), ils disposeront ainsi de 800 € euros environ; une somme qui s’approche de l’allocation d’autonomie réclamée par l’Unef pour tous les étudiants», commente Emmanuel Zemmour, président de ce syndicat étudiant. Marie Pillière, vice-présidente de la fédération des associations étudiantes (Fage) est plus critique : «Aujourd’hui, 30% des étudiants sont boursiers, mais il faudrait que 50% le soient. Ces mesures laissent notamment à l’écart les étudiants issus des classes moyennes inférieures qui vont prendre de plein fouet l’augmentation de 2% du coût de la rentrée universitaire 2013», souligne-t-elle.

 Enfin, 1.000 allocations individuelles supplémentaires (comprise entre 4.000 et 5.000 euros) seront versées à 7.000 étudiants en situation d’autonomie avérée. «Un bon début, mais il faudrait accélérer le tempo pour parvenir à 300.000 allocations d’autonomie d’ici à 2017», souligne Emmanuel Zemmour. «Pour l’heure, on ne sait pas quels seront les critères d’attribution de ces allocations», souligne aussi Marie Pillière.

Davantage de logements étudiants

Geneviève Fioraso a promis 40.000 logements étudiants supplémentaires en cinq ans, dont 50% en Ile-de-France. Dès la rentrée, 8.500 logements seront livrés (4.600 réhabilitations et 3.900 constructions nouvelles). Des annonces qui suscitent la prudence chez Emmanuel Zemmour : «Le précédent gouvernement nous avait beaucoup promis sur ce dossier et la réalité s’est avérée différente. On attend donc un calendrier précis sur le sujet et des assurances sur le budget qui y sera consacré», indique le leader de l’Unef, qui rappelle que seulement 7% des étudiants (3% en Ile-de-France) sont logés en cité universitaire aujourd’hui. «On voudrait vraiment savoir comment seront financées ces mesures», renchérit Marie Pillière.

La caution locative étudiante inaugurée

Ce dispositif sera mis en place à titre expérimental pour 2.000 étudiants dès la rentrée 2013. Il permettra d’assurer aux bailleurs le paiement des loyers, en cas de défaillance de l’étudiant, grâce à un fonds de garantie mutualiste. Une mesure jugée «trop restrictive » par Marie Pillière qui estime aussi qu’«elle a été annoncée trop tardivement (le 20 août) ». «Le fait que ce système de cautionnement soit ciblé sur 2.000 étudiants risque de les stigmatiser et de ne pas convaincre les propriétaires privés de leur louer un appartement. Entre deux étudiants, il choisira celui qui n’est pas bénéficiaire de la caution locative», ajoute Emmanuel Zemmour.

La création de 30 centres de santé dans les universités

Selon une étude d'Emevia (réseau national de mutuelles de proximité) publiée mardi, 17,4% des étudiants déclarent avoir renoncé à des soins les six derniers mois pour des raisons financières. Pour répondre à cette situation, Geneviève Fioraso a engagé la création de 30 centres de santé universitaires afin d’offrir un meilleur accès aux soins. «C’est encore insuffisant au regard de ce que nous demandons : un chèque santé de 200 € par an pour les étudiants boursiers», explique Emmanuel Zemmour. «La question est aussi de savoir comment les universités qui rencontrent déjà des difficultés financières pourront réussir à suivre», conclut Marie Pillière.