SOS amitié à l’écoute de la détresse 2.0.

Delphine Bancaud

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Dans les locaux de l'association Sos-Amitié à Boulogne-Billancourt. Ici,  les bénévoles prennent des appels téléphoniques ou répondent aux  usagers par le biais de leur site internet, le 9 septembre 2013.
Dans les locaux de l'association Sos-Amitié à Boulogne-Billancourt. Ici, les bénévoles prennent des appels téléphoniques ou répondent aux usagers par le biais de leur site internet, le 9 septembre 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Ecrire ses maux plutôt que les dire. Depuis 2005, SOS amitié a investi le Web pour répondre au mal-être de ses interlocuteurs. Un pari gagnant car selon les chiffres de son Observatoire, relevés ce lundi, en 2012, l’association a répondu à 4.000 mails* et conversé avec 3.000 personnes par tchat. Même si la plupart des appelants continuent à privilégier le téléphone (près de 700.000 appels en 2012), les échanges numériques connaissent une montée en charge rapide. «Les connections au chat ont augmenté de 20% sur les six premiers mois de l’année. Et ce n’est qu’un début», prédit ainsi Jean Pierre Igot, président de SOS amitié France.

Car avec le Web, SOS amitié touche désormais un public auquel elle avait peu accès: les jeunes. 44% des personnes qui la contactent via le chat et 35% via la messagerie ont moins de 25 ans. «De plus en plus d’adolescents âgés de 12 à 15 ans s’adressent à nous. Souvent, parce qu’ils veulent épargner leurs parents et qu’il est plus facile de parler de leurs souffrances avec un inconnu», raconte Claudie, écoutante à Paris depuis 10 ans.

Une écoute mais pas de conseils

Des témoignages douloureux qui parlent d’harcèlement scolaire, de déboires sentimentaux, ou de problèmes liés à l’apparence physique. Pour y répondre, Claudie pèse ses mots : «c’est parfois difficile car certains messages ne font qu’une ligne et que je n’ai pas d’information sur l’identité de mon interlocuteur. Je veille à reconnaître sa souffrance sans donner de conseils. Car intuitivement la personne sait quelle est la solution à son problème. Je suis juste là pour l’aider à avancer».

Mais parfois, les écoutants doivent affronter des appels aux secours particulièrement dramatiques. Car les tentations suicidaires sont plus souvent évoquées par mail qu’au téléphone. «Il y a des messages que l’on n’oublie pas. Comme celui par lequel j’ai appris la mort d’une jeune femme avec laquelle nous correspondions depuis trois mois», raconte Claudie. Un sentiment d’impuissance qui fait partie de parcours d’écoutante. A contrario, elle reçoit aussi des messages de remerciements. «Que leur souffrance soit entendue, c’est déjà énorme pour les personnes qui nous sollicitent», souligne-t-elle.

Reste que tous les appels au secours ne trouvent pas d’écho. «En 2012, nous n’avons pu répondre qu’à 7% des connexions au chat, faute d’écoutants bénévoles», explique Pierre Igot. Car pour l’heure, seulement 100 des 1.500 volontaires que compte l’association ont investi le web. «C’est pour cela que nous lançons un appel à toutes candidatures», insiste-t-il.

*L’association s’engage à répondre aux mails dans les 48h.

**Le chat est accessible de 19h à 23 h, 7 jours sur 7.