Des élèves d’un lycée exclus à cause de leurs tenues non réglementaires

Vincent Vantighem

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Illustration de tenues vestimantaires de lycéens à Nice.
Illustration de tenues vestimantaires de lycéens à Nice. — BEBERT BRUNO/SIPA

Les écoliers en culotte courte du lycée Blaise-Pascal de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) se sont fait tailler un short. Le quotidien Le Parisien révèle, ce vendredi, que plusieurs dizaines d’élèves sur les 1.200 que compte l’établissement se sont vus refuser l’accès en cours en raison de leur tenue jugée «inappropriée». Bermudas, pantacourts, jupes trop courtes et tongs ont donc été refoulés dès les grilles par la direction du lycée, qui s’appuie sur le règlement intérieur. «Une tenue convenable et soignée, non extravagante ni provocante comme des vêtements déchirés ou trop courts», indique celui-ci.

«J’ai rapporté un sac avec cinq-six tenues pour rhabiller ma fille et ses amies»

En toute logique, la mesure a pris de court et choqué la plupart des lycéens refoulés. «Un bermuda, ça ne fait de mal à personne. Surtout quand il fait 32°C!», lance dans les colonnes du quotidien une lycéenne laissée à la porte en raison de son collant noir déchiré sous son short kaki. Même son de cloche du côté des parents d’élèves. «J’ai rapporté un sac avec cinq-six tenues pour rhabiller ma fille et ses amies, ajoute une autre maman, furieuse. Je peux vous assurer pour y avoir été que la majorité des élèves refoulés portait une tenue correcte!»

>> Retrouvez l'interview de l'inspection académique de Seine-et-Marne sur le sujet

Un précédent à Menton

Ce ne sont pas les premiers lycéens à subir pareil sort. D’après Nice-Matin, une cinquantaine d’élèves du lycée Paul-Valéry de Menton (Alpes-Maritimes) ont, eux aussi, dû «sécher» les cours mercredi en raison de leur tenue vestimentaire. «Nous interdisons toutes chaussures qui s’apparentent à des baskets. Pendant quinze jours, ça va être difficile mais ils vont rentrer dans le moule», assume dans Nice-Matin Franck Caspar, le proviseur-adjoint, qui, selon les lycéens, contrôlait lui-même à l’entrée l’habillement des élèves.

Un appel sur Facebook et un rassemblement samedi

En région parisienne, la directrice de l’établissement Blaise-Pascal se justifie en expliquant qu’elle voulait prendre de court les élèves qui avaient justement lancé un appel sur Facebook pour venir en cours en short ce jeudi. Car la veille, les professeurs principaux avaient mis en garde les élèves sur les tenues interdites: legging sans tunique, jupe au-dessus de mi-cuisse, débardeur transparent, décolleté important…

La proviseure, Antonia Destas, assume: «L’an passé, il y a eu des abus avec certaines tenues vraiment inappropriées, au ras des fesses par exemple. Nous avons donc décidé d’être plus sévères cette année. Notre but est aussi de protéger certaines jeunes filles, qui prennent les transports en commun et traversent le parc après les cours dans une tenue provocante.» Mais elle reconnaît que le tri à l’entrée a peut-être été un peu strict. Trop tard, les parents d’élèves prévoient un rassemblement samedi à 8h devant les grilles en signe de protestation.

Contactée par 20 Minutes, la direction du lycée Blaise-Pascal n’a pas voulu s’exprimer. Le rectorat, lui, assure qu’une enquête est en cours et promet des éléments d’informations dans la journée.

>> Vous êtes collégien ou lycéen? Votre tenue vestimentaire vous-a-t-elle déjà causé des ennuis dans votre établissement scolaire? Vous avez déjà été réprimandé par un professeur? Convoqué chez le chef d'établissement? Renvoyé temporairement ou définitivement?

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