Ecole: Précoce, vous avez dit précoce?

Delphine Bancaud

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M.Libert/20 Minutes

«Mon enfant est-il surdoué?» Depuis une vingtaine d’années, Monique de Kermadec, psychologue, psychanalyste et auteur d’un ouvrage qui sort jeudi sur le sujet,* voit défiler dans son cabinet des parents qui viennent faire tester le QI de leur enfant. Des demandes qui ne cessent d’augmenter «car les parents sont de plus en plus sensibilisés au sujet». «Notre société valorisant plus que jamais la réussite scolaire, certains ont tendance à idéaliser les atouts intellectuels de leurs enfants», explique-t-elle. Et sur les forums en ligne, les témoignages de parents s’extasiant des prouesses de leurs enfants pullulent.

Seulement 2% d’enfants précoces

Reste que tous les petits considérés par leurs parents comme des surdoués ne le sont pas. «Seulement 2% enfants d’une classe d’âge sont jugés intellectuellement précoces, car leur QI se situe au-dessus de 130 et qu’ils possèdent une ou plusieurs aptitudes les démarquant des enfants du même âge», précise Monique de Kermadec. «Il n’y a pas plus d’enfants précoces qu’avant, mais ils sont mieux détectés qu’il y a vingt ans», renchérit Vlinka Antelme, présidente de l’Association française pour les enfants précoces.

Leurs points communs? «Leur rapidité d’acquisition des connaissances, une mémoire prodigieuse, une hypersensibilité, une grande curiosité, un réel sens de l’humour, une propension à poser des questions existentielles…», décrit Monique de Kermadec. Avec des manifestations diverses selon les enfants: certains utilisent très tôt un vocabulaire élaboré, d’autres savent lire sans qu’on leur apprenne ou développent un don artistique très jeune… Et c’est souvent en constatant que leur enfant ne réagit pas au même rythme que ceux de son âge ou qu’il a des problèmes comportementaux à l’école que les parents décident de le faire tester.

Un accompagnement personnalisé

«Une prise de conscience qui intervient généralement lorsque l’enfant est en primaire ou au collège», constate Monique de Kermadec. « Mais il n’est jamais trop tard pour agir, précise Vlinka Antelme, et une fois le diagnostic posé, on arrive mieux à accompagner ces enfants, en leur apportant une aide psychologique ou en les soutenant dans leur scolarité. Car la précocité peut être une chance», insiste-t-elle.

*Le petit surdoué de 6 mois à 6 ans, Monique de Kermadec et Sophie Carquain, Albin Michel, 13,50 euros.