«Au gouvernement, je leur ferais de l'ombre», aurait proféré Ségolène Royal, qui dément sur Twitter

POLITIQUE Ces propos sont parus dans un portrait paru dans «Le Point», ce qui fait enrager l'ancienne ministre en fin d'après-midi, qui dément «catégoriquement»...

A.-L.B. avec AFP

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Discours de Ségolène Royal pour l'ouverture de l'Université d'été du PS
Discours de Ségolène Royal pour l'ouverture de l'Université d'été du PS — Francois Lafite-POOL/SIPA

DERNIERE INFO: Ségolène Royal dément catégoriquement les propos parus dans ce portrait, assure-t-elle sur Twitter

«Au gouvernement, je leur ferais de l'ombre»: Ségolène Royal dévoile ses ambitions d'électron libre au PS, distribuant les mauvais points à ses camarades, dans un portrait paru ce mercredi dans Le Point. «J'ai un charisme, de l'aura, du poids. Au gouvernement, je leur ferais de l'ombre», déclare l'ex-candidate à la présidence qui affirme avoir refusé le poste de garde des Sceaux en 2012. 

«Ca n'aurait pas été mauvais pour le pouvoir que ce soit moi, la présidente de l'Assemblée. J'aurais fait vivre le Parlement. Il aurait dû être plus présent pour soutenir le gouvernement la première année», ajoute celle a brigué un temps le perchoir. Elle juge «indamissible» que le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, se soit opposé à la transparence du patrimoine des élus telle que le voulait l'Elysée. «Stupéfaction» en fin d'après-midi de la part Ségolène Royal sur le réseau social Twitter, où elle s'insurge et «démen[t] catégoriquement» ces propos.

Fuyant «tout ce qui la tire vers le bas»

Après une année difficile marquée par sa défaite aux législatives, la présidente de Poitou-Charentes revient déterminée: «J'ai subi une succession de frappes. Les gens m'ont vue souffir, être trahie. Et résister. Je suis un personnage sécurisant». Elle ne se considère d'ailleurs pas vraiment en retrait: «Ce que j'ai dit sur la taxe carbone a beaucoup influencé Jean-Marc Ayrault. Il y a eu recul grâce à moi».

Elle dit aussi être «l'une des rares à avoir poussé en avant une génération nouvelle», en faisant référence à l'entrée au gouvernement de Najat Vallaud-Belkacem ou Guillaume Garot, des talents qu'elle considère avoir repérés. Fuyant «tout ce qui (la) tire vers le bas», Ségolène Royal, qui jure ne pas vouloir «remugler le passé», distribue pourtant les coups à l'adresse de ses camarades socialistes.

Aubry encore critiquée...

Première visée, sa rivale pour la direction du PS , Martine Aubry. «Je n'aurais pas dû me laisser voler le congrès de Reims. J'aurais dû imposer un rapport de force», lance-t-elle, en référence à l'affrontement qui l'a opposée en 2008 à la maire de Lille pour le poste de premier secretaire, sur fond de contestations, d'accusations de fraude électorale, et de saisine de la commission de vérification des votes. Moquant la tribune publiée par Martine Aubry dans Le Monde du 26 août, elle y relève «un pompage d'idées inconscient» de son programme «Désirs d'avenir». «C'est à mourir de rire, c'est énorme!. Elle ne se rend même pas compte qu'elle pille», ajoute-t-elle.

...tout comme Montebourg et Batho

Elle raille aussi Arnaud Montebourg, son ancien porte-parole, qui «se prend pour un acteur américain». Sa protégée, Delphine Batho, fait également l'objet de critiques. La candidate malheureuse de 2007 la décrit comme «une manipulatrice politique toujours dans le rapport de forces». «J'attends sans impatience«, assure-t-elle, après avoir affirmé: «Je ne suis pas en attente, pas en demande, pas en frustration».