SNCF: Les cheminots dénoncent une «logique purement financière» après l'accident de Brétigny

avec AFP

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Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents  de  la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des  aiguillages  des voies ferrées après l’accident ferroviaire de  Bretigny-sur-Orge.
Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages des voies ferrées après l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge. — V. WARTNER/ 20 Minutes

Les syndicats de cheminots CGT, UNSA et SUD-Rail dénoncent mercredi «la logique purement financière» qui prévaut dans le transport ferroviaire, évoquant l'accident de Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui a fait sept morts et dix blessés en juillet, dans une lettre au ministre des Transports. Dans ce courrier à Frédéric Cuvillier, les trois syndicats évoquent «la retenue» dont ils ont fait preuve après la catastrophe mais jugent nécessaire de revenir sur les événements de l'été et la situation du transport ferroviaire en France.

«C'est la stratégie de l'omerta et la politique du risque calculé qui sont mises en œuvre au nom de la sacro-sainte productivité et de la réduction des coûts de production», jugent-ils, dénonçant «une logique purement financière». «Depuis plusieurs années et de manière mesurée mais ferme, les organisations syndicales et leurs militants, du national au local, tirent le signal d'alarme», écrivent les syndicats.

«Il doit y avoir un après Brétigny-sur-Orge»

«Comment peut-on imaginer pouvoir supprimer plus de 10.000 emplois de cheminots qualifiés et formés en cinq ans, réaliser une somme inégalée de travaux, produire toujours plus de trains et transporter plus de voyageurs sans qu'il y ait une répercussion sur le niveau de sécurité?», s'interrogent-ils.

Les syndicats dénoncent, entre autres, «la dégradation des conditions de travail» des cheminots au quotidien, «le mal-être causé par les injonctions contradictoires entre la pression sur les délais ou les coûts et des moyens inadaptés», «le doublement, voire le triplement des territoires à surveiller», «la médiocrité des travaux réalisés par des entreprises sous-traitantes».

«Il doit y avoir un après Brétigny-sur-Orge et un travail global sur l'organisation du service public SNCF», estiment les syndicats signataires qui demandent que leurs propositions soient intégrées au projet de réforme du système ferroviaire en cours. «Il est temps de rompre avec le cloisonnement par activité, le recours à la sous-traitance, la politique de filialisation, la déshumanisation des gares et des trains pour aller vers un système unique réellement intégré reliant la route et le rail, basé sur la mutualisation des moyens au service de toutes les activités».