Deuxième nuit dans la rue pour 300 personnes privées d'hébergement d'urgence à Clermont

SOCIETE Les sans-abris attendent l'issue de négociations entre associations et pouvoirs publics pour être relogées...

avec AFP

— 

Google map de Clermont-Ferrand. 
Google map de Clermont-Ferrand.  — 20minutes.fr

Environ 300 personnes privées d'hébergement d'urgence ont passé une deuxième nuit dehors, sur la grande place de Clermont-Ferrand, après avoir été évacuées la veille d'une église où avait débuté un incendie, a-t-on appris mercredi auprès d'associations.

Ces sans-abri attendent toujours l'issue de négociations entre associations et pouvoirs publics pour être relogées.

«Ils ont passé une deuxième nuit dehors, les enfants scolarisés sont partis à l'école ce matin, le ventre un peu creux», a déclaré à l'AFP Cécile Buisson, représentante de la Ligue des droits de l'Homme.

La moitié des sans-abris sont des enfants

Lundi, plus de 360 personnes dont la moitié d'enfants - des réfugiés des Balkans et d'Afrique demandeurs ou déboutés du droit d'asile, mais aussi des mères seules avec enfant(s), des femmes victimes de violence ou des SDF - ont dû quitter les hôtels où elles étaient d'hébergées, faute de financement.

Une partie d'entre elles - les familles monoparentales avec enfant(s) de moins de trois ans - ont été prises en charge par le département, la grande majorité restant à la rue. Elles ont trouvé refuge dans une église dans la nuit de lundi à mardi, avant d'en être évacuées après un début d'incendie.

Un hébergement dans un gymnase leur a été proposé, mais selon Emmanuel Louhier, porte-parole de la Cimade dans le Puy-de-Dôme, «le gymnase est équipé de 50 lits de camps et ils étaient 318 au comptage de mardi matin». «Le préfet n'a pas fait le nécessaire. Ces personnes ne veulent pas que certains restent sur le carreau et elles refusent de faire le tri, c'est pour cela qu'elles ont refusé le gymnase», a expliqué Emmanuel Louhier.

Problème de fonds

Depuis lundi, l'Anef, l'association qui gère le 115 dans le département, ne paie plus les hôteliers assurant l'hébergement d'urgence, déplorant que l'Etat ne lui ait remboursé que 5% des sommes qu'elle a avancées depuis janvier.

Le gouvernement «a délégué 400.000 euros de crédits afin d'apporter une solution de financement», a fait valoir mardi le ministère du Logement. Mais pour l'association, les 400.000 euros ne seront pas disponibles concrètement avant «au moins un mois» et ne couvrent qu'une partie de la dette déjà contractée auprès des hôteliers, sans assurer les hébergements futurs.