Rentrée des classes: «Les parents ne doivent pas surinvestir la rentrée»

Oihana Gabriel

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Un rayon de fournitures scolaires en grande surface.
Un rayon de fournitures scolaires en grande surface. — ROMAIN CHAMPALAUNE/SIPA

La rentrée des classes rime souvent avec angoisses pour les enfants, surtout lorsqu’ils changent d’environnement comme de la maternelle à la primaire par exemple. Sylviane Giampino, psychanalyste et psychologue, auteur de Les mères qui travaillent sont-elles coupables, pointe de son côté le stress des parents et livre son conseil: dédramatiser l’école… et parler d’autre chose à sa progéniture!

Pourquoi les parents sont-ils aussi stressés par la rentrée scolaire?

Pour eux, toutes les rentrées sont angoissantes. Parce que quel que soit le niveau, ils ont une foule de problèmes à résoudre. Ce moment de l’année fait ressortir les difficultés d’articulation entre vie familiale et professionnelle. L’anxiété touche deux plans: le bien-être de l’enfant et sa réussite. Les parents se laissent aussi manipuler par la société de consommation qui les pousse à racheter une bibliothèque complète et refaire la chambre.

Est-ce que la réforme des rythmes scolaires peut être un facteur d’angoisse supplémentaire?

C’est quand même un tout petit chamboulement… Il faut expliquer aux jeunes que tous les enfants de leur ville iront à l’école le mercredi. Quand bien même ils ne cautionneraient pas cette réforme, les parents doivent transmettre aux enfants la confiance dans les décisions qui sont prises pour eux.

Faut-il préparer la rentrée scolaire?

Il arrive que la reprise réactive une angoisse de séparation d’avec la famille chez les plus jeunes. Il faut être attentif à des manifestations comme des troubles du sommeil, de l’appétit ou la nervosité et rassurer. Il y a des rentrées qui se préparent: celles qui signifient un changement de système, de statut de l’enfant ou de son mode de vie. L’entrée en maternelle, au CP, en 6e et en seconde sont des étapes, des initiations importantes, une sorte de promotion. C’est un repère pour l’enfant qui grandit. Un enfant a besoin d'entendre qu’on est fier qu’il change.

Comment éviter à l’enfant ce stress?

Il faut le rassurer en lui expliquant où sont ses parents quand il est à l’école. Et lui dire des choses simples et concrètes. Sans idéaliser l’école. On ne peut pas lui promettre qu’il y sera heureux, parce qu’on n’en sait rien. J’invite les parents à ne pas surinvestir la rentrée car elle ne conditionne pas le reste de l’année. Ce qui inquiète les parents, c’est que l’école décide comment on va s’occuper de leurs enfants.

Et pas quand ils les laissent à la crèche?

C’est très différent, car ils imaginent qu’ils ont le pouvoir de changer de nourrice, de mode de garde ou de crèche. Même s’ils ne le font pas. Or, ils ont très peu de pouvoir dans l’école.

Que faire pour les rentrées qui ne sont pas une étape?

Plus elles sont dédramatisées, mieux c’est. Aller à l’école, ça doit être une chose évidente et non un problème à résoudre. Les enfants ont l’impression que les parents sont obsédés par l’école et ça les angoisse. Ils aimeraient tant qu’on leur parle d’autre chose…