Clermont-Ferrand: Une église brièvement occupée par des démunis, faute d'hébergement d'urgence

SOCIÉTÉ Etat n'a pas remboursé ce qu'il devait aux associations...

avec AFP

— 

Google map de Clermont-Ferrand. 
Google map de Clermont-Ferrand.  — 20minutes.fr

L'église occupée à Clermont-Ferrand depuis lundi soir par environ 200 personnes privées d'hébergement d'urgence a été évacuée mardi matin à la suite d'un incendie sans gravité, ont indiqué pompiers et associations.

Les secours sont intervenus vers 4H00 du matin pour éteindre un feu «au sous-sol, dans la partie bureaux» de l'église Saint-Pierre-les-Minimes, située sur la place de Jaude en plein centre ville. «L'incendie a été rapidement éteint. On a pris en charge deux personnes légèrement intoxiquées par la fumée», ont indiqué les pompiers.

La préfecture a pris dans la foulée la décision d'évacuer l'édifice, dont les occupants sont «sortis d'eux-mêmes», dans le calme, a raconté à l'AFP Gilles Loubier, directeur général de l'ANEF, l'association gestionnaire du 115 dans le Puy-de-Dôme.

Pas de débloquage des fonds avant un mois

La mairie de Clermont-Ferrand a mis à disposition un gymnase mais les familles réfugiées dans l'église, avec bagages et une centaine d'enfants souvent en bas âge, ont préféré rester place de Jaude, a précisé M. Loubier. «J'ai encouragé les parents à amener leurs enfants à l'école pour la rentrée, notamment pour qu'ils aient un repas à midi et soient pris en charge. Je ne suis pas sûr qu'ici, ce soient des lieux très éducatifs pour eux», a-t-il ajouté.

Plus de 350 personnes sont privées d'hébergement d'urgence depuis lundi matin, l'ANEF ayant décidé de ne plus payer les hôteliers assurant cet hébergement, faute de financement suffisant des pouvoirs publics. «Depuis janvier 2013, l'État ne nous a remboursé que 5% environ des 350.000 euros par mois que nous avons engagés pour loger ces personnes», avait expliqué Gilles Loubier.

Incendie sans gravité

La préfecture, qui fait observer que l'Etat a augmenté son engagement financier en 2013 à 2,2 millions d'euros dans le Puy-de-Dôme, a insisté pour que la ligne téléphonique du 115 soit rétablie et a promis de débloquer 400.000 euros supplémentaires.

Mais pour l'ANEF, cette somme ne sera pas disponible concrètement avant «au moins un mois» et ne couvre qu'une partie de la dette déjà contractée auprès des hôteliers, sans assurer les hébergements futurs. Le collectif départemental de RESF a appelé à un rassemblement à 18H00 sur la place.