Les fusillés de la Grande Guerre ont désormais un nom

avec AFP

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De Louis Abbadie, fusillé le 24 décembre 1914 pour "abandon de poste en présence de l'ennemi", à Ben Omar Yahiaoui, passé par les armes le 17 septembre 1914 : un ouvrage inédit présente la biographie de 740 soldats fusillés durant la Grande Guerre.
De Louis Abbadie, fusillé le 24 décembre 1914 pour "abandon de poste en présence de l'ennemi", à Ben Omar Yahiaoui, passé par les armes le 17 septembre 1914 : un ouvrage inédit présente la biographie de 740 soldats fusillés durant la Grande Guerre. — Eric Feferberg AFP

De Louis Abbadie, fusillé le 24 décembre 1914 pour «abandon de poste en présence de l'ennemi», à Ben Omar Yahiaoui, passé par les armes pour le même motif le 17 septembre 1914 : un ouvrage inédit présente la biographie de 740 soldats fusillés durant la Grande Guerre.

A la veille de la commémoration du centenaire du début de la guerre, Frédéric Mathieu livre dans «14-18, les fusillés» (éditions Sébirot, 905 pages, 29 euros) les résultats d'une enquête minutieuse sur les traces de ces combattants fusillés par l'armée française. 680 furent passés par les armes à l'issue d'un jugement en conseil de guerre, 60 furent exécutés sans jugement.

Ce livre confirme les travaux entamés dès 1995 par André Bach sur les fusillés après jugement d'un conseil de guerre. Un sujet ressorti de l'oubli dans les années 90 et qui divise encore les Français sur la nécessité ou non d'une réhabilitation individuelle ou collective de ces 740 fusillés. Le nom de 220 d'entre eux est gravé sur un monument aux morts de France.

Portrait-robot du soldat fusillé

Les 668 données biographiques permettent également de dresser un portait-robot du soldat fusillé : un militaire du rang (soldat ou caporal) de 23 ans, cultivateur ou artisan, originaire de la Seine, du Nord, du Pas-de-Calais, du Rhône ou encore de la Seine-Maritime, soit les départements les plus peuplés avant le début de la guerre, et condamné à mort pour abandon de poste ou refus d'obéissance devant l'ennemi.

A peine 6% (43) des soldats fusillés ont été officiellement réhabilités entre 1917 et 1934 par la Cour de cassation, la Cour d'appel ou la Cour spéciale de justice militaire.