La nouvelle desserte sur la ligne B du RER permet aux voyageurs de bénéficier d'un train toutes les 3 minutes entre Paris et Aulnay, comme ici à la station Courneuve-Aubervilliers, le 2 septembre 2013
La nouvelle desserte sur la ligne B du RER permet aux voyageurs de bénéficier d'un train toutes les 3 minutes entre Paris et Aulnay, comme ici à la station Courneuve-Aubervilliers, le 2 septembre 2013 — A. GELEBART / 20 MINUTES

REPORTAGE

RER B: Plus de trains pour moins de stress

Depuis lundi, une nouvelle desserte est mise en place sur la branche nord de la ligne B du RER...

«Où ils sont les horaires?» Sur l'un des quais ensoleillés de la station Courneuve-Aubervilliers, un habitué du RER B semble un peu perdu en ce lundi matin de rentrée. C'est que, depuis quinze jours, la branche nord de la ligne fait sa révolution. Avec l'aboutissement du projet B Nord +, lancé en 2003 par le Stif, l'offre se veut désormais simplifiée. Et plus question de se soucier des horaires.

«Maintenant, tous les trains sont omnibus et s'arrêtent dans toutes les gares», explique Jérôme Lefebvre, le directeur de la ligne B du RER. Grâce à une signalisation adaptée, les 114 rames nécessaires chaque jour à l'acheminement des 900.000 usagers quotidiens de cette ligne -300.000 sur la seule branche nord- empruntent désormais deux voies dédiées. «C'est comme si, sur une autoroute, on avait dédié une voie aux poids-lourds et une autre au reste des véhicules».

Moins de bousculades

Avec cet aménagement, la SNCF annonce à présent un train omnibus toutes les trois minutes entre Paris Nord et Aulnay en période de pointe* (contre un toutes les sept minutes en période creuse) et un toutes les six minutes au nord d'Aulnay (contre un toutes les quinze minutes en période creuse). Quatre directs seront par ailleurs maintenus en heures creuses entre Paris et l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Et pour l'instant «c'est nickel!», observe Khady, l'une des agents d'accueil postés sur les quais. Avec d'autres, tous équipés de gilets rouges, elle va aiguiller et informer les voyageurs pendant tout le mois de septembre. Elle-même habituée de cette ligne «bien galère», elle constate ce matin «qu'il n'y a pas beaucoup d'attente sur les quais, que c'est plus fluide, avec moins de bousculades».

Naim, qui attend son RER pour Paris, confirme: «C'est bien mieux comme ça». Un œil rivé sur l'écran, où ne s'affichent plus désormais qu'un temps d'attente et une destination, le jeune homme espère que ça va «tenir», même avec la rentrée.

Temps de trajet allongé

De l'avis de beaucoup, ce changement de rythme est donc «vraiment plus cool». Nicaise, une usagée assidue, explique «qu'on court moins et qu'on est moins compressés dans les wagons». Même le temps de trajet, allongé au maximum de sept minutes à cause des arrêts plus fréquents, ne semble pas déranger. «Si une petite minorité a l’impression d’y perdre, on pense qu’ils vont y gagner», positive Jérôme Lefebvre.

Reste également à voir ce que tout cela donnera «en cas d’incident technique ou de suicide». Si la circulation sera alors «répartie sur d’autres voies», indique le directeur, «en cas de suicide, les délais ne seront, forcément, pas tenus. Mais il importera alors de bien informer les usagers».

Car pour Ludovic Bu,  président de l’association d’usagers de la ligne B «Voyageurs du quotidien», «outre la vétusté et la surpopulation du réseau, c’est bien le manque d’information qui pose problème». Et pour lui, même si «les choses avancent», prendre le RER B était jusqu’à présent «une véritable expérience».  Une expérience qui sera peut-être moins douloureuse désormais.

*7h-9h30 vers Paris et 16h30-20h30 depuis Paris