Réforme des rythmes scolaires: «On veut aller trop vite»

INTERVIEW La spécialiste des rythmes scolaires Claire Leconte évoque la réforme...

Propos recueillis par Gilles Durand
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G.Durand/20 Minutes

La rentrée d’école de ce mardi marque l’entrée en vigueur des nouveaux rythmes scolaires dans le primaire. Claire Leconte, spécialiste de psychologie de l’éducation à l’université de Lille-III et favorable à des changements dans l’apprentissage, regrette le «manque d’ambition» de la réforme.

Peu de villes ont fait le choix de passer aux nouveaux rythmes cette année. Qu’en pensez-vous?

J’ai toujours contesté la semaine de quatre jours, mais j’aurais préféré que cette année serve plutôt à former les enseignants et à réfléchir sur un projet éducatif. Le ministère a voulu aller trop vite: les changements ne sont pas assez profonds. On est dans l’aménagement de l’existant alors qu’il aurait fallu profiter de l’occasion pour remettre à plat l’ensemble de l’organisation scolaire.

Que préconisez-vous?

D’abord, privilégier l’allongement des matinées quand l’enfant est davantage disponible pour apprendre. Ensuite, évoquer la question des contenus et de méthodes pédagogiques. Depuis plus de quinze ans, avec les enseignants de l’école Duruy à Lille-Moulins, nous expérimentons l’alternance entre matières qui demande beaucoup de concentration comme les maths et d’autres, moins exigeantes, comme la musique ou les arts plastiques. Cette alternance maintient la motivation des enfants pour apprendre.

Quel est le principal reproche que vous faites à cette réforme?

Son manque d’ambition. Quand une commune décide de raccourcir la matinée d’un quart d’heure ou de laisser sortir les élèves un quart d’heure plus tôt, qu’est-ce que ça apporte à l’enfant? Il faut regrouper ces gains de temps pour installer une vraie activité. A Lomme, par exemple, on continue de monter des projets du CP au CM2 autour de la vidéo ou du cirque, en profitant du savoir-faire des associations.