L'imam de Drancy dénonce son agression et celle de sa famille près de Tunis

20 Minutes avec AFP
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  L'imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), Hassen  Chalghoumi, a dénoncé dimanche  soir son agression et celle de sa  famille près de Tunis, expliquant  avoir été violemment frappé et  insulté par un homme en raison de sa  proximité avec la communauté  juive.

L'imam a  expliqué que son agresseur l'avait suivi alors qu'il  regagnait dimanche  avec son épouse et deux de leurs enfants leur hôtel à  Gammarth, en  Tunisie, où ils se trouvent en vacances.

«Il m'a insulté, m'a traité de  sioniste , de   collaborateur . Il  m'a donné un coup de poing dans le coeur. En  quelques secondes, il m'a  mis à terre», a expliqué à l'AFP l'imam,  cible de violentes critiques,  relayées sur internet, pour ses prises de  position contre la burqa et  contre les manifestations  pro-palestiniennes et ses rapports d'amitié  avec la communauté juive.

Il a précisé que l'agresseur, qui s'est adressé à lui en  français,  s'en est aussi pris à sa femme et à ses enfants, qui ont reçu  des  coups, avant que l'homme ne soit maîtrisé par le service de sécurité  de  l'hôtel puis interpellé par des policiers. «C'est un vrai choc», a   commenté l'imam.

L'ambassade de France ne confirme pas

Hassen Chalghoumi, qui était sorti dimanche soir, ainsi que ses   proches, de l'hôpital où ils ont été soignés, a précisé que le ministre   de l'Intérieur français, Manuel Valls l'avait appelé et «demandé de ses   nouvelles».

Interrogé par l'AFP dimanche soir, le ministère de  l'Intérieur  n'était pas immédiatement en mesure de confirmer cet appel  évoqué par  l'imam.

L'ambassade de France à Tunis, également sollicitée par l'AFP  dans  la soirée, a affirmé ne pas être informée de cette agression à   Gammarth.

Habituellement escorté en France par le Service de protection  des  hautes personnalités (SPHP), Hassen Chalghoumi a expliqué que les   policiers n'avaient pu le suivre pendant ses vacances car «la Tunisie ne   voulait pas qu'ils entrent (dans le pays) armés».

Coqueluche des médias mais cible de violentes attaques et de menaces  de musulmans intégristes, l'imam de 40 ans, né en Tunisie de parents  algériens, avait expliqué à l'AFP en février avoir déjà déposé une  trentaine de plaintes.

En Tunisie, «un imam   m'avait prévenu que ma photo circule partout  sur Facebook et m'avait  dit de faire attention», a expliqué Hassen   Chalghoumi, qui a annoncé son  retour en France lundi.