Réforme de la «police des polices»: «La plateforme ne sera pas un défouloir»

William Molinié

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A droite, Marie-France Moneger, chef de l'inspection générale de la police nationale (IGPN).
A droite, Marie-France Moneger, chef de l'inspection générale de la police nationale (IGPN). — BERTRAND GUAY / AFP

Ce lundi matin, Marie-France Moneger, patronne de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), ouvre un séminaire pour réformer la «police des polices». Face aux inquiétudes de certains policiers concernant la mise en place d’une plateforme de signalement sur internet, ouverte à tous les citoyens, elle défend cette démarche de «transparence» et «d’accessibilité».

Concrètement, en quoi consiste la réforme de la «police des polices»?

Concrètement, il n’y a plus qu’une seule inspection générale. Jusqu’à présent, tout citoyen pouvait, par courrier ou en se déplaçant, alerter l’IGS [Inspection générale des services, compétente à Paris et en petite couronne, ndr]. Dans le cadre d’une fusion avec l’IGPN [Inspection générale de la police nationale, compétente ailleurs en France, ndr], cette méthode est conservée. Seulement, nous avions un problème pratique. Car même si nous avons créé de nouvelles antennes à Rennes, Lille, Metz et Nice, l’accessibilité n’est pas satisfaisante. Il nous fallait un outil moderne intéressant. Désormais, chacun pourra apporter un témoignage sur une plateforme en ligne, sans se déplacer.

Vous attendez-vous à une augmentation des signalements?

On en reçoit aujourd’hui beaucoup. Par exemple, moi-même, j’en reçois sur ma boite mail professionnelle. Il suffit d’aller sur internet et de chercher mon nom pour trouver mon adresse. Il y a donc déjà des gens qui nous écrivent via Internet, par courrier ou au téléphone. Il y a près de 2.700 signalements par an. Jusqu’à présent, ils étaient éparpillés. Demain, ils seront au même endroit.

Certains policiers évoquent le risque d’un «défouloir» pour des citoyens qui voudraient contester une amende ou une condamnation en se retournant contre le policier…

La plateforme ne sera pas un défouloir car les signalements ne pourront pas être anonymes. Le déclarant sera clairement identifié. Après, on pourra lui garantir l’anonymat. De toute manière, on fait confiance au citoyen pour être responsable. Par ailleurs, on fera le tri. Et on rappellera les personnes si on a besoin de renseignements supplémentaires. Les déclarations pas crédibles ne seront pas traitées. L’IGPN a l’habitude. En lisant un témoignage, nous savons ce qui relève du sérieux ou non.