Réforme pénale: Pour Eric Ciotti, les deux perdants sont les victimes et Manuel Valls

W. M.

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Le député UMP Eric Ciotti, le 11 juillet 2012.
Le député UMP Eric Ciotti, le 11 juillet 2012. — WITT/SIPA

Les arbitrages de la réforme pénale ont été tranchés ce vendredi et la balance penche, selon les policiers, du côté des idées de Christiane Taubira, ministre de la Justice, au détriment de son collègue de l’Intérieur, Manuel Valls.

Patrice Ribeiro, syndicat Synergie-Officiers

Sans surprise, c’est la déception du côté des policiers. «Nous sommes stupéfaits parce que nous pensions que Manuel Valls aurait suffisamment de poids pour ne pas faire adopter cette loi qui est d’abord dictée par la culture de l’excuse et de l’idéologie. Et bien évidemment tout cela aura des répercussions dramatiques sur les victimes très rapidement. Le message qui est envoyé c’est d’abord “on ne va plus en prison” […] Cette peine de probation c’est une invention, c’est une chimère, c’est l’équivalent d’une peine de prison avec sursis mais sans l’épée de Damoclès de la prison derrière. Donc les délinquants qui rient déjà beaucoup fanfaronnent parce qu’ils sont remis dehors […]. Ils vont encore plus avoir les coudées larges», a dénoncé Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers sur BFM TV.

Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes

Pour le député UMP Eric Ciotti, les idées de la ministre de la justice sont «dangereuses»

«La suppression des peines-planchers et la création d’une nouvelle peine de contrainte pénale préfigurent la poursuite de l’explosion sans précédent de la délinquance que nous constatons depuis un an. C’est un nouveau message d’impunité qui est adressé aux délinquants. Les arbitrages du gouvernement voient le triomphe d’une idéologie laxiste au détriment de la sécurité et des droits des victimes. Suite aux mesures annoncées par Jean-Marc Ayrault, il y a un vainqueur, Christiane Taubira et deux perdants, les victimes de la délinquance et le ministre de l’Intérieur Manuel Valls», précise-t-il dans un communiqué.

Jean-François Copé, président de l'UMP

Jean-François Copé, président de l'UMP, a estimé vendredi dans un communiqué que la réforme pénale du gouvernement privilégiait «le laxisme plutôt que la fermeté envers les délinquants».

«En supprimant les peines plancher et en favorisant les peines alternatives à la prison, François Hollande a choisi la “ligne Taubira” au détriment de la “ligne Valls”, le laxisme plutôt que la fermeté envers les délinquants», a déclaré le député de Seine-et-Marne dans un communiqué, estimant que les Français seraient «les premières victimes de cet arbitrage».

Alliance, syndicat de police

Le syndicat de gardiens de la paix, Alliance, alerte d'un «danger». «La justice n’est plus assez sévère, notamment pour les multirécidivistes», indique le syndicat dans un communiqué. «La mise en oeuvre de cette réforme entrainera sans nul doute une démotivation des forces de sécurité et accentuera l’exaspération des citoyens en attente d’une justice plus ferme, favorisant dès lors une montée des “extrêmes” dans notre pays.»