Peillon s’attaque aux inégalités scolaires

Delphine Bancaud

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Toulouse, le 17 janvier 2013. Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale en visite à l'école élementaire Victor Hugo classée en ZEP.
Toulouse, le 17 janvier 2013. Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale en visite à l'école élementaire Victor Hugo classée en ZEP. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

«L’école républicaine doit absolument respecter sa promesse de l’égalité des chances pour tous les enfants, c'est-à-dire la réussite de tous les enfants», a martelé jeudi dernier, Jean-Marc Ayrault. Vincent Peillon devrait aussi faire de la lutte contre les inégalités scolaires le leitmotiv de sa conférence de presse de rentrée qui aura lieu ce jeudi. D’autant que plusieurs mesures qui seront déployées dès septembre dans le premier degré visent clairement cet objectif. 

La scolarisation des enfants de moins trois ans réactivée

Le taux de scolarisation des enfants de moins de trois ans est passé de 35% en 2000 à 11% en 2012.  «Or, la scolarisation précoce est favorable aux enfants issus des milieux défavorisés, qui en tirent des bénéfices en termes de socialisation et de maîtrise du langage. Avec un impact sur le reste de leur scolarité», souligne Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa.

Conscient de cette réalité, le ministre de l’Education a donc décidé de consacrer près de 400 postes d’enseignants sur 3.350 créés à la rentrée 2013 dans le premier degré, à la scolarisation des moins de 3 ans. Cet accueil sera privilégié dans les zones d’éducation prioritaires, dans les écoles secteurs ruraux isolés et dans les régions d’outre-mer.

Une mesure saluée par les syndicats: «Cela va dans le bon sens, mais il faudra accélérer le tempo à la rentrée 2014, car cette mesure ne concernera qu’un tiers des départements à cette rentrée et l’ambition du ministère est de consacrer 3.000 nouveaux postes d’enseignants à cet objectif d’ici la fin du quinquennat», souligne cependant Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU.

«Plus de maîtres que de classes» pour mieux prévenir les difficultés

Pour lutter contre les inégalités scolaires, Vincent Peillon mise aussi beaucoup sur le dispositif. «Plus de maitres que de classes», qui sera initié cette année. Celui-ci vise à prévoir la présence de deux maitres au sein d’une même classe dans les établissements les plus fragiles. Ce qui permettra d’organiser des séances de lecture en petits groupe ou qu’un enseignant soit chargé d’encadrer spécifiquement les élèves en difficultés lors d’un exercice de maths par exemple. A la rentrée, plus de 1.000 nouveaux postes seront dédiés à cette mesure. «Un premier pas» selon Sébastien Sihr, car le ministère a prévu 7.000 nouveaux postes sur ce créneau d’ici à la fin du quinquennat. «Mais pour que le dispositif fonctionne il faudra que les enseignants apprennent à sortir d’un exercice solitaire de leur métier et à croiser les regards. Pour ce faire, il est nécessaire que le ministère fasse un effort sur la formation continue des enseignants», insiste-t-il. De son côté, Christian Chevalier estime que «le dispositif risque de donner lieu à des mises en œuvres très différentes selon les établissements ». «Seule la pratique dira si cette mesure fonctionne. Elle aura plus de chances d’être efficace s’il y a un vrai projet d’équipe derrière», ajoute-t-il