Les fausses notes des nouveaux rythmes scolaires

Delphine Bancaud

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M.Libert/20 Minutes

J-7 avant l’application de la réforme des rythmes scolaires. Celle-ci concernera 22% des élèves et  20% des écoles françaises dès cette rentrée. Un énorme chantier qui a viré au casse-tête pour nombre de communes. 20 Minutes fait le point sur les inquiétudes qui pèsent sur cette mise en œuvre.

La qualité des activités périscolaires en question

«Vincent Peillon a fait de l’offre périscolaire la vitrine des nouveaux rythmes scolaires, mais elle en sera le talon d’Achille, car il existe de véritables inégalités en terme de contenu, selon les communes», a déclaré ce mardi Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire. Des propos étayés par une enquête menée par le syndicat. Celle-ci montre que si certaines communes proposeront aux élèves plusieurs activités au choix (sport, cirque, échec, prévention routière, modélisme…), d’autres n’en mettront en place aucune et proposeront que de la garderie lors du temps périscolaire. Par ailleurs, dans une école sur deux les activités périscolaires seront fixées de 15h45 à 16h30. Ce qui ne laissera pas beaucoup de temps pour prévoir des ateliers intéressants. « La qualité ne sera pas au rendez-vous pour tous les ateliers, mais ils monteront en gamme au fur et à mesure », estime de son côté Pierre-Alain Roiron, vice-président de l’Association des maires de France.

L’encadrement des élèves interroge

«Les parents sont inquiets par rapport à la qualité de l’encadrement lors des activités périscolaires», constate Valérie Marty, présidente de la fédération de parents d’élèves, PEEP. Des appréhensions dues à la diversité des personnels qui s’occuperont des enfants lors de ces activités. Il s’agira aussi bien d’enseignants, d’éducateurs, d’animateurs, de membres d’associations, que de bénévoles. Dans certaines écoles maternelles, les Asem (agents spécialisés des écoles maternelles) prendront le relais après la classe, sans avoir reçu de formation conséquente pour cela. Reste aussi à savoir si le vivier d’intervenants sera suffisant,  car selon Paul Raoult, Président de la FCPE «certaines communes ont éprouvé des difficultés de recrutement, car il n'ai pas aisé de trouver des candidats pour des contrats à temps partiel».

Le coût des activités variables pour les familles

Si dans la majorité des communes qui passeront aux 4,5 jours en 2013, les activités périscolaires seront gratuites, dans les autres, une participation financière sera demandée aux parents. Selon l’enquête du SNUipp, ces activités pourront coûter 0,10 euro par soir et par enfant dans une commune, 30 euros par an dans une autre ou 12 euros par trimestre dans une troisième. Des dépenses supplémentaires pour les familles qui passent mal, comme l’a constaté Valérie Marty, présidente de la Peep. «Les parents se sentent pris en otage d’une réforme qu’ils n’ont pas voulu». Un mécontentement qui pourrait encore croître si les dites activités ne sont pas à la hauteur de leurs attentes…