Trappes: Polémique après la tentative de suicide d'une victime présumée d'une agression islamophobe

FAITS DIVERS Le Collectif contre l'islamophobie en France s'interroge sur la responsabilité de la police après ce drame...

J. C. (avec AFP)

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Paris le 27 août 2013.   Entrée de l'hôpital européen Georges Pompidou.
Paris le 27 août 2013.   Entrée de l'hôpital européen Georges Pompidou. — A. Gelebart / 20 Minutes

Un drame suivi d’une polémique. L’adolescente de 16 ans, qui avait porté plainte le 13 août à Trappes (Yvelines) affirmant  avoir été victime d'une agression islamophobe alors qu’elle était voilée, s'est grièvement blessée lundi en se défenestrant du 4e étage de son immeuble, a-t-on appris auprès de la préfecture.

Traitée de «menteuse» par la police?

D’abord admise à l’hôpital Percy à Clamart, elle a ensuite été transférée au centre hospitalier parisien Georges-Pompidou pour y subir une intervention chirurgicale. «Son pronostic vital n'est plus engagé. Elle est sortie d'affaire», a précisé la préfecture des Yvelines mardi après-midi. L’adolescente avait fait une précédente tentative de suicide aux barbituriques le 23 août, a également précisé une source policière.

Un drame qui suscite des interrogations du côté du Collectif contre l’islamophobie en France qui se demande si la police n’est pas responsable. «Selon son propre témoignage confirmé par des proches, des pressions auraient été commises de la part d'officiers de police sur la jeune fille, peut-on lire sur le site de l’association.(…) Elle aurait ainsi été également traitée de "menteuse", et, à plusieurs reprises, sa version aurait été vigoureusement remise en cause.»

Des propos diffamatoires pour le syndicat Alliance

Des propos qui font bondir Frédéric Lagache. «C’est toujours la faute des policiers et on commence à avoir l’habitude de ce genre d’accusation, souffle le secrétaire général du syndicat Alliance. Pourquoi ces personnes qui nous accusent ne l’ont pas fait avant l’acte dramatique de cette jeune fille? Tôt ou tard, le ministère de l’Intérieur devra agir contre ce genre de propos diffamatoires.»

Car si la jeune fille a affirmé que deux hommes l’auraient abordé  à proximité du square Berlioz en lui montrant un «objet tranchant» avant de lui arracher son voile et lui porter un coup à l'épaule, aucun témoin visuel n'a pu corroborer pour l’heure cette version même s’il est établi que l'adolescente a bien été frappée, selon une source judiciaire.

 Le calme règne Trappes 

Dans la nuit de lundi à mardi, huit camions de CRS stationnaient devant le commissariat, dans le quartier des Merisiers à Trappes, où s'étaient concentrées les échauffourées du mois dernier, aconstaté un journaliste de l'AFP. Durant trois nuits à la mi-juillet, des émeutes avaient éclaté à proximité du commissariat, après que des policiers eurent voulu contrôler une femme portant un voile intégral sur la voie publique, ce qui est interdit depuis 2011. Le contrôle avait dégénéré et son mari, un homme de 21 ans converti à l'islam, soupçonné d'avoir tenté d'étrangler un policier, avait été placé en garde à vue.