VIDEO. Marignane: Une marche silencieuse pour saluer le courage de Jacques Blondel

HOMMAGE Plus de 2.500 personnes ont défilé en mémoire du retraité de 61 ans qui s'est fait tuer en tentant d'arrêter des braqueurs jeudi dernier...

A Marseille, Amandine Rancoule
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Marignane, le 26 août 2013 - Une marche blanche est organisée en hommage  à Jacques Blondel qui a été tué la semaine dernière par des malfaiteurs  qui venaient de braquer un commerce.
Marignane, le 26 août 2013 - Une marche blanche est organisée en hommage à Jacques Blondel qui a été tué la semaine dernière par des malfaiteurs qui venaient de braquer un commerce. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Des applaudissements longs et fournis. Plus de 2.500 personnes ont participé lundi soir à Marignane à la marche silencieuse organisée en hommage à Jacques Blondel. Ce retraité de 61 ans a été tué jeudi soir par deux jeunes venant de braquer un tabac alors qu’il tentait de stopper leur fuite. «Ton acte courageux t’a coûté la vie. Jacques, merci pour tes valeurs, Marignane t’accompagne», affiche une banderole en tête de cortège. Famille, enfants, retraités, toutes les catégories d’âges sont venues saluer la mémoire.

 

«On assiste impuissant à une montée de la violence dans nos rues, devant notre porte, estime Pierrot, 81 ans. Avec son ami Ali, il est venu de Saint-Martin-de-Crau pour «saluer le courage de cet homme». «De nos jours, on ne peut plus compter sur la police, si ça continue, et ça m’en a tout l’air, il va falloir se défendre nous-même», estime Ali, devant le tabac Le civette du Rampal braqué jeudi soir. Plus loin, deux couples d’amis sont venus de Vitrolles, une commune voisine. Une rose blanche à la main, Cathy l’affirme: «On va devoir faire justice nous-même. Les meurtriers sortent de prison au bout de cinq ans et recommencent».

«Faire justice soi-même»

Sa voisine, elle, a pris «les choses en main». Dans sa voiture, elle garde une bombe lacrymogène et une barre en métal. «Mon mari n’est pas toujours avec moi, alors il m’a acheté des armes pour me défendre s’il m’arrive malheur», explique-t-elle. Devant elle, des hommes entendant ses propos la soutiennent. «Vous avez raison, on en a ras-le-bol maintenant», lui disent certains. «Il y a trop de laxisme en France», jugent d’autres. «Il faut faire justice soi-même».

En silence, le cortège s’ébranle jusqu’au quartier où s’est déroulé le drame. Sur le trottoir, un grand portrait de Jacques Blondel est posé. A ses pieds, des drapeaux français flottent au vent. Plusieurs dizaines de personnes viennent poser des fleurs blanches et des mots de soutien. Un groupe entame la Marseillaise. Bientôt suivi par la foule. Certains quittent la troupe. «On est seulement venu rendre hommage à un homme, explique un trentenaire, habitant de Marignane. J’estime juste qu’il est temps de partir. Les peurs n’ont jamais grandi l’Homme. Elles font même reculer l’humanité.»