L'épilogue de la réforme des retraites approche

© 2013 AFP

— 

L'épilogue de la réforme des retraites se dessine: le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devrait s'adresser aux Français dimanche à ce sujet, à la veille d'ultimes rencontres avec les partenaires sociaux sur ce dossier susceptible de plomber le climat social
L'épilogue de la réforme des retraites se dessine: le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devrait s'adresser aux Français dimanche à ce sujet, à la veille d'ultimes rencontres avec les partenaires sociaux sur ce dossier susceptible de plomber le climat social — Xavier Leoty AFP

L'épilogue de la réforme des retraites se dessine: le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devrait s'adresser aux Français dimanche soir à ce sujet, à la veille d'ultimes rencontres avec les partenaires sociaux sur ce dossier susceptible de plomber le climat social.

C'est la dernière ligne droite pour le gouvernement qui compte ramener le système des retraites à l'équilibre d'ici 2020, année où le déficit, tous régimes confondus, pourrait s'élever à plus de 20 milliards d'euros.

Une chose est sûre: l'âge légal de départ à la retraite fixé à 62 ans par la réforme contestée de Nicolas Sarkozy en 2010, ne bougera pas.

Le gouvernement s'y est engagé, soucieux de rassurer l'opinion sur un sujet traditionnellement source de crispation et dont la gauche s'empare pour la première fois.

François Hollande s'est lui-même employé à calmer les inquiétudes souhaitant une réforme «juste» qui ferait porter les efforts sur tous (actifs, entreprises et retraités). Reste à «trancher» dans quelles proportions, selon une source gouvernementale.

Des arguments que pourrait reprendre Jean-Marc Ayrault dimanche soir lors de son intervention très attendue sur France 2.

Dans son discours de clôture de l'université du PS à La Rochelle, il a déjà assuré que la réforme ne serait pas «une simple mesure de gestion financière et d'ajustement budgétaire».

Le Premier ministre reçoit lundi et mardi les représentants de huit syndicats et trois organisations patronales à tour de rôle - la CFDT ouvre le bal à 09H30 - pour recueillir leurs avis, avant les derniers ajustements.

Le projet de loi sera officiellement présenté «cette semaine ou celle d'après», selon une source gouvernementale, afin de pouvoir être examiné par le Conseil d'Etat dans les délais, pour un passage au Conseil des ministres le 18 septembre.

Manifestations et arrêts de travail

Hausse de la CSG ou des cotisations? Ces choix ne sont «pas encore arbitrés», a expliqué samedi M. Ayrault.

L'idée d'un augmentation de la CSG pour financer les retraites, jugée «cohérente» par la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a été mise à mal par le débat sur le «ras-le-bol fiscal» des Français.

Un point supplémentaire rapporte 12,3 milliards d'euros et représente 13 euros en moins par mois pour un salarié au SMIC. Selon des informations de presse, la hausse se limiterait à 0,2 ou 0,5 point.

S'il maintient cette option, le gouvernement va devoir faire preuve de pédagogie, à l'heure où Bruxelles, par la voix du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, estime que la France doit «absolument» éviter d'augmenter des impôts parvenus à «un seuil fatidique».

Pour trouver les 7 milliards d'économies nécessaires au régime général (salariés du privé), la hausse des cotisations salariales et patronales est «plus logique» selon le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Mais le Medef n'en démord pas: il rejette toute nouvelle charge pour les entreprises en période de crise et réclame un allongement de la durée de cotisation à 43 ans et un recul de l'âge légal à 63 ans dès 2020.

Avant même la fin des discussions, les organisations les plus contestataires (CGT, FO, FSU et Solidaires) ont appelé à une journée de mobilisation, le 10 septembre.

«Il y aura des manifestations sur tout le territoire et il y aura des arrêts de travail», a prévenu Jean-Claude Mailly (FO).

Contrairement à 2010, le front syndical n'est pas uni.

La CFDT, la CFE-CGC et la CFTC ont choisi d'attendre de connaître le projet gouvernemental, espérant faire passer leurs propositions relatives aux métiers pénibles, aux femmes ou aux jeunes.

L'ampleur de cette journée d'action aura valeur de test pour l'exécutif.

Au coeur de la contestation syndicale: l'allongement de la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite entière, fixée actuellement à 41,5 ans.

C'est une mesure «juste» pour François Hollande, une piste «évidente» pour le ministre du Travail, Michel Sapin, mais on ignore encore à quel rythme procèdera le gouvernement, pour des gains qui de toute façon ne seront pas immédiats.

Dimanche, le président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) Thierry Marchal-Beck s'est prononcé contre.

Le rapport Moreau remis en juin évoque un trimestre de plus tous les 3 ou 4 ans, aboutissant à 44 ans de cotisation pour la génération 1989.