Le lexique de vos vacances: Comment parler dans le Sud-Ouest?

VOCABULAIRE Durant tout l'été, «20 Minutes» vous propose un lexique pratique (et non exhaustif) pour parler le patois de vos destinations de vacances en France. Pour cette dernière escale, la rédaction vous emmène dans le sud-ouest de la France...

Nicolas Bégasse

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Des oies sur le causse de Rocamadour.
Des oies sur le causse de Rocamadour. — APESTEGUY/SIPA

Quand on part en vacances, on est souvent confronté à la barrière de la langue. Et pas besoin de se rendre à l’étranger pour être «lost in translation» car notre pays est riche de diverses langues régionales. 20 Minutes vous propose un guide des expressions les plus utilisées selon les régions de France. Pour ce dernier épisode, rendons-nous dans le sud-ouest de la France, où le parler du quotidien est bercé d’influences occitanes.

Une chocolatine: un pain au chocolat

Evacuons pour commencer le plus connu des termes du Sud-Ouest: la chocolatine, qui désigne avec une certaine grâce ce que les autres nomment pain au chocolat. Sachez que ce dernier terme écorchera les oreilles de tout natif (ou même simple habitant) du Sud-Ouest. Il paraît que les Québécois parlent aussi de chocolatine.

Exemple: «A Paris j’ai demandé une chocolatine, la boulangère a pas compris»

Une poche: un sac (en plastique)

C’est l’autre mot star de notre joli quart de France, utilisé par tout le monde. Au supermarché, c’est bien simple, personne ne vous proposera un sac. Un sac, c’est à main ou à dos, point.

Exemple: «J’ai acheté tellement de chocolatines qu’il m’a fallu une poche pour les transporter»

La malle: le coffre (de la voiture)

On ne met pas les poches des courses dans le coffre de la voiture, mais dans la malle. Un terme pas aussi répandu que les deux précédents, mais qu’on rencontre souvent tout de même.

Exemple: «Ouvre-moi la malle, que j’y mette les valises!»

Bouléguer (se): remuer (se aussi)

Mot nécessaire pour jouer au loto (pas celui de la Française des Jeux, celui qui se joue avec un carton et des jetons dans la salle des fêtes), où l’on crie «boulègue!» pour mélanger les numéros à tirer. Au quotidien, remplacera les mots «secouer» et «remuer».

Exemple: «Il me tarde qu’on arrive, boulègue-toi un peu, tu traînes!»

Péguer: coller

Attention, péguer ne s’utilisera pas systématiquement pour remplacer le verbe coller. Péguer, c’est coller d’une certaine manière. Un peu sale. Comme après une fête, quand le sol a été arrosé d’alcool et qu’on marche dessus en faisant du bruit. Quand quelque chose pègue, ce n’est pas une bonne nouvelle et on le dit avec un brin de dégoût.

Exemple: «J’ai renversé du Coca sur la table hier, maintenant ça pègue c’est dégoûtant»

Espanter: étonner

Quand vous verrez le viaduc de Millau ou admirerez Rocamadour, vous serez sans doute tout espantés, et il y a de quoi. Malgré son air barbare, ce terme hérité de l’occitan est assez usité dans le Midi.

Exemple: «Le type ne sait même pas ce que c’est qu’une chocolatine, ça m’espante»

Péizöùs: paysan

Attention, n’allez pas dire à un agriculteur qu’il est un péizöùs pour faire couleur locale, ça ne lui plaira sans doute pas. Ce terme, prononcé pé-i-zousse, est plutôt péjoratif, et désignera plus volontiers quelqu’un d’arriéré qui sort de sa campagne qu’un honnête travailleur de la terre.

Exemple: «Le type devant conduit vraiment comme un péizöùs!»