Marseille: Du cannabis en vente libre pour endiguer la violence?

LÉGISLATION l’initiative des Verts, militants et associations demandent la légalisation de la fumette...

A Marseille, Amandine Rancoule

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L'herbe de cannabis se trouve très facilement dans les halls d'immeubles des quartiers sensibles.
L'herbe de cannabis se trouve très facilement dans les halls d'immeubles des quartiers sensibles. — F. Elsner / 20 Minutes

Une photo de rentrée stupéfiante. Dans le cadre des journées d’été des Verts, à Marseille jusqu’à samedi, des militants EELV et des membres d’associations, regroupés derrière une banderole «Fumer tue, prohiber le cannabis aussi», ont réclamé la légalisation du cannabis lors d’une action en haut des marches menant à la gare Saint-Charles (1er). Selon eux, la légalisation du cannabis pourrait stopper les trafics de drogue et endiguer la violence à Marseille.

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«Les jeunes qui en vendent actuellement pourraient être formés à la production locale»

Outre le danger de «la consommation du cannabis coupé à la paraffine ou à la colle», d’après Michèle Rubirola, médecin et élue EELV dans le 2e secteur, légaliser «est une solution intermédiaire pour éviter cette guerre du cannabis», estime Sébastien Barles (EELV), un élu marseillais. «Les jeunes qui en vendent actuellement pourraient être formés à la production locale par exemple», ajoute-t-il.

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«Démanteler les trafics va encore coûter vingt, trente vies humaines»

Plus encore, pour Mohammed Bensaada, de l’association marseillaise Quartiers nord/Quartiers Forts, les coups de filet policier contre le trafic sont des «condamnations à mort: les dealers stockent de la drogue, mais ils l’ont empruntée. Elle n’est pas à eux, on leur a prêtée et s’ils ne la rendent pas, ils sont morts.» En légalisant le cannabis, trafics et violences seraient donc stoppés. «Non, il faut faire un travail en amont, précise Mohammed Bensaada. Il faut organiser le rattrapage républicain dans les quartiers: garantir l’accès aux soins, à l’emploi, à l’éducation, la culture, etc. Mais continuer à mettre la police et démanteler les trafics va encore coûter vingt, trente vies humaines».

«Ce n’est pas possible que les jeunes continuent de mourir sous les balles, sortons de la vision moraliste de la consommation de cannabis, préconise Stéphane Gatignon (EELV), maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), ville qui compte, selon lui, «le même nombre de morts par habitants que Marseille». Alors, pour «essayer une autre politique», la proposition de légaliser et la photo de classe vont être envoyées au gouvernement. Avec le ferme espoir d’être entendu. La dernière fois qu'elle en avait parlé, Cécile Duflot la ministre écologique du Logement avait surtout réussi à mettre Jean-Marc Ayrault en pétard.