Interpellation de Joué-lès-Tours: Le Cran dénonce «une police aux pratiques coloniales»

Vincent Vantighem

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Louis-Georges Tin, président du CRAN, à la conférence de Moscou sur les droits des homosexuels du 27 mai 2011.
Louis-Georges Tin, président du CRAN, à la conférence de Moscou sur les droits des homosexuels du 27 mai 2011. — NATALIA KOLESNIKOVA / AFP

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a dénoncé ce mardi dans un communiqué une «police aux pratiques coloniales» après la diffusion sur YouTube d’une interpellation musclée qui s’est déroulée, dimanche matin, à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire). Sur la vidéo intitulée «Honte à la police française», on aperçoit notamment un agent de police frapper à l’aide d’une matraque une jeune femme noire après un contrôle routier qui s’est mal passé. Il se rend ensuite au coffre de sa voiture pour se saisir d’une bombe de gaz lacrymogène et en asperger la même femme.

Alors que le procureur adjoint de Tours vient de confier une enquête préliminaire à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), le Conseil représentatif des associations noires a choisi de ne pas «rester indifférent». «Le Cran s'insurge contre ces agressions de la part des policiers dont la fonction première est d'assurer la sécurité des citoyens et demande des sanctions de la part de leurs supérieurs», précise ainsi Guy Samuel Nyoumsi,  le vice-président du Cran.

Une demande d’audience auprès de Manuel Valls

Dans le même communiqué, le Conseil précise qu’il va adresser une demande d’audience au ministre de l’Intérieur pour «savoir s’il cautionne de tels comportements». Invité de BFM TV ce mardi matin, Manuel Valls avait déjà précisé qu’une enquête administrative avait été ouverte, fustigeant par ailleurs les termes de «Honte à la police française» qui accompagnent la vidéo postée sur les réseaux sociaux. «Ce n'est pas toute la police française qui est concernée. Attendons d'avoir tous les éléments concernant cette affaire mais il n'y a pas de place dans la police pour de la violence!»

Le Conseil des associations noires lance également un appel à témoins pour, selon lui, «obtenir une version différente de celle officielle qui sera bientôt présentée»