Interpellation musclée à Joué-lès-Tours: La justice ouvre une enquête préliminaire

Vincent Vantighem

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Capture d'écran de la vidéo «Honte à la police française»
Capture d'écran de la vidéo «Honte à la police française» — DR

Il a pris le temps de visionner la vidéo plusieurs fois. Dont une en compagnie de Brigitte Pommereau, la directrice départementale de la sécurité publique (DDSP) d’Indre-et-Loire. Finalement, Bruno Albisetti, procureur adjoint de la République de Tours a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire après l’interpellation musclée qui s’est déroulée dimanche matin à Joué-lès-Tours. «J’ai confié cette enquête à l’Inspection générale de la police nationale, a confié, mardi après-midi, le magistrat à 20 Minutes.

«Savoir exactement ce qu’il s’est passé»

Filmée et postée sur YouTube dimanche matin sous le titre «Honte à la police française», la vidéo a déjà été visionnée près de 700.000 fois. On y voit clairement deux policiers aux prises avec deux jeunes femmes qui ont vraisemblablement été extraites d’une voiture. Alors que l’une des femmes semble se débattre au sol, l’un des policiers lui assène plusieurs coups de matraque, d’abord aux jambes, puis au visage. Ensuite, il retourne à son véhicule afin de se saisir d’une bombe lacrymogène et d’en asperger la jeune femme.

«L’enquête permettra exactement de savoir ce qu’il s’est passé», a poursuivi Bruno Albisetti qui insiste sur le fait que seule la fin de l’interpellation a été filmée par Selim, un habitant du quartier depuis son balcon.

>> Ci-dessous l’interpellation en vidéo.
Attention, les images peuvent choquer.

 

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Deux enquêtes en parallèle

Saisie par le ministre de l’Intérieur dès lundi soir, la police des polices va donc devoir mener deux enquêtes de front. «Il y a une première enquête interne pour laquelle les agents de police, s’ils sont reconnus coupable, risquent une sanction administrative. Et il y a la seconde pour laquelle ils risquent des poursuites pénales», a encore précisé à 20 Minutes le procureur adjoint de Tours. Ces deux enquêtes seront menées de front par deux équipes distinctes des «bœufs-carottes».

Se basant autant sur les rapports des policiers que sur les images qui tournent sur les réseaux sociaux, le magistrat a déjà obtenu quelques éléments d’explications. «La voiture qui comptait sept occupants a fait l’objet d’un contrôle routier, raconte-t-il. Le conducteur a refusé de souffler dans l’éthylotest et d’être conduit au commissariat. Alors qu’ils tentaient de le maîtriser, l’un des policiers a été pris à partie par une dame qui a tenté de lui arracher sa radio portative et l’a mordu à trois reprises.» Le policier en question a obtenu une journée d’incapacité temporaire de travail (ITT) après les événements.

Quant au conducteur, il a été incarcéré immédiatement pour effectuer une peine d’un mois pour «conduite sans permis» à laquelle il avait été condamné en 2009. Placée en garde à vue, la passagère qui a mordu le policier a, de son côté, été relâchée. Elle est convoquée le 22 octobre devant le tribunal pour répondre de «violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique».