Accident de car dans l'Aude: Un passager ukrainien admet avoir fait dévier le véhicule

FAITS DIVERS Ce passager d'une trentaine d'années a dit aux gendarmes qu'il «souhaitait que le bus s'arrête», a rapporté le procureur de Narbonne David Charmatz...

avec AFP

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Illustration: Des passagers montent dans un autocar de la compagnie Eurolines à Bagnolet, près de Paris, le 4 juin 2012.
Illustration: Des passagers montent dans un autocar de la compagnie Eurolines à Bagnolet, près de Paris, le 4 juin 2012. — AFP PHOTO PIERRE VERDY

Série noire sur la route ce week-end dans l'Aude. Après une grave collision qui a coûté la vie à cinq personnes samedi près de Carcassonne, un accident d'autocar transportant 44 personnes a fait deux morts -une Espagnole et un Français- et une trentaine de blessés, dont deux graves, tôt ce dimanche matin sur l'autoroute A9, a indiqué la préfecture.

L'autocar de tourisme de la compagnie Eurolines qui transportait essentiellement des passagers français et espagnols entre Marseille et Murcie (sud de l'Espagne) a dévié de sa trajectoire vers 1h30 du matin sur l'autoroute A9 à hauteur de Fitou, entre Narbonne et Perpignan. Un passager a admis avoir fait dévier le car, qui a ensuite heurté la glissière de droite, puis a dévalé le bas-côté pour s'immobiliser plusieurs mètres en contrebas, a rapporté le procureur de Narbonne, David Charmatz.

Un coup sur le volant

Deux personnes, une Espagnole de 55 ans et un Français de 54 ans, ont été tuées et une trentaine d'autres blessées, dont deux grièvement, a indiqué le procureur. Les blessés ont été évacués vers les hôpitaux les plus proches. Leurs jours ne sont pas en danger, a dit la préfecture. Les passagers indemnes ont été accueillis dans une salle polyvalente, à Fitou, où une cellule psychologique a été mise en place. L'accident a mobilisé d'importants moyens de secours: 130 sapeurs pompiers, de nombreux gendarmes, quatre hélicoptères et une vingtaine d'ambulances.

Les enquêteurs tâchent de reconstituer le déroulement du drame, grâce à l'audition des témoins et à l'analyse des disques de l'autocar enregistrant la vitesse et le temps de conduite. Ni l'alcool, ni les stupéfiants ne sont en cause d'après les dépistages opérés. Le chauffeur espagnol qui pilotait l'autocar à ce moment, un des trois conducteurs à bord, a été momentanément placé en garde à vue. Sa garde à vue a été temporairement levée car il est sous le choc et son état a été jugé incompatible avec les auditions par les gendarmes. «Pour l'instant, la priorité est donnée aux soins», a dit le procureur.

Dans ses premières déclarations, il a expliqué qu'un passager avait causé l'accident en donnant un coup sur le volant pour le forcer à s'arrêter, a indiqué le procureur de Narbonne, David Charmatz. Et, alors qu'aux premières heures de l'enquête d'autres témoignages semblaient démentir qu'un tel incident ait eu lieu, un passager ukrainien a avoué ce dimanche après-midi avoir fait donner un brusque coup de volant au chauffeur. D'abord entendu comme victime, le touriste a ensuite été placé en garde à vue comme suspect.

Il «souhaitait que le bus s'arrête»

Ce passager d'une trentaine d'années a dit aux gendarmes qu'il «souhaitait que le bus s'arrête», a rapporté le procureur de Narbonne David Charmatz, sans qu'on sache pourquoi il insistait sur cet arrêt. Il aurait tiré le volant dans sa direction. «Des auditions vont se poursuivre [lundi] pour établir exactement les circonstances dans lesquelles cet acte inconsidéré a été accompli», a dit le procureur. «On cherche aussi à savoir si, sur le plan psychiatrique, cet Ukrainien est parfaitement équilibré, parce que c'est un geste tellement inconsidéré qu'il faut aussi s'intéresser à sa personnalité.»

Le chauffeur devait être lui-même à nouveau entendu lundi, si les médecins y consentent. Les interrogatoires devront tenter «d'identifier bien clairement quelle a été la participation de l'un et de l'autre dans la survenance de cet accident», a dit le procureur. L'analyse des disques, qu'il a été compliqué d'extraire du car, devrait dire lundi à quelle vitesse il roulait, a indiqué le procureur.

>>Regardez un reportage sur les lieux de l'accident: