La vente de médicaments sur Internet fait encore peur

SANTE Les pharmaciens interrogés par «20 Minutes» se veulent pourtant rassurants...

Marie Tissier

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Paris le 31 janvier 2011. Illustration de médicaments contre le mal de tête, la grippe, la fièvre, dans une pharmacie.
Paris le 31 janvier 2011. Illustration de médicaments contre le mal de tête, la grippe, la fièvre, dans une pharmacie. — A. GELEBART/20 MINUTES

«Je n'achèterai jamais aucun médicament par Internet! Je n’ai aucune confiance. Rien ne vaut une pharmacie où on a tous les conseils», réagit Marina à la suite de notre sondage sur 20 Minutes.

Comme elle, de nombreux Français sont plutôt frileux quant à l’idée d’aller acheter du paracétamol sur la toile. La preuve: depuis le 12 juillet, les pharmacies sont officiellement autorisées à vendre leurs médicaments sur un site internet adossé à leur officine, mais le rush n’est pas là.

Rassurer le client dès la page d’accueil

A l’heure où l’Ordre national des pharmaciens a porté plainte contre onze sites de vente en ligne illégaux, apparus sur le Net ces dernières semaines, les hésitations des consommateurs sont grandes. «C’est pourquoi nous essayons de les rassurer au maximum, dès notre page d’accueil», explique Thibault Wuhrlin, fondateur de  pharma&co, site de vente en ligne d’une pharmacie parisienne.  Avec une photo de l’établissement, les autorisations de l’agence régionale de la santé (ARS), le numéro d’inscription à l’ordre des pharmaciens, «et surtout l’adresse et le numéro de téléphone de l’officine», insiste celui qui travaille sur le projet depuis le mois de janvier. «Le ministère de la Santé parle même d’apposer un macaron infalsifiable sur la première page de chaque site.»

44 sites autorisés en France

Ces sites sur lesquels on peut uniquement se fournir en médicaments qui ne sont pas sur ordonnance, on en compte aujourd’hui 44. «Il est donc facile d’aller consulter la liste des établissements autorisés à vendre en ligne sur le site de l’Ordre», note Thibault Wuhrlin.

Rassurer donc, afin de voir la clientèle prendre confiance. Car pour le moment, les sites débutent doucement. Du côté du mastodonte parisien qui estime à environ 2.000 le nombre de références qu’il propose sur son site, «on est à environ 10/15 commandes par jour». Des commandes envoyées un peu partout en France : «Nous n’avons pas de client-type pour le moment. Nous livrons aussi bien dans des provinces très reculées que dans des bureaux sur les Champs-Elysées», explique le technicien. 

«C’est encore très artisanal»

A Bouafle, commune rurale d’un peu plus de 2.000 habitants située dans les Yvelines, Marie-José Chevalier tient la pharmacie depuis 1990. Pour elle, «cette arrivée sur le Net était inéluctable. Une suite logique». Tellement logique qu’elle avait «réservé» son nom de domaine (medicament.com) il y a dix ans! Depuis le 12 juillet, elle a donc envoyé quelques commandes à ses nouveaux clients. «Mais pas tous les jours quand même», modère-t-elle. 

Comme beaucoup de ces professionnels qui ont choisi de vendre leurs médicaments sur le Net, elle estime que c’est aux pharmaciens que revient cette tâche.  «Je ne veux pas perdre le contact avec les gens. Si je vois dans la commande qu’il y a des incompatibilités, j’appelle directement les clients. Et je rajoute à la main les indications sur les boîtes… C’est encore très artisanal», sourit la pharmacienne.