Etude des micro-algues: L'Ifremer fait appel aux citoyens

avec AFP
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Les micro-algues, invisibles à l’œil nul, peuvent apparaître à des densités si élevées que l'eau de mer peut prendre des teintes orange, verte, marron ou rouge. Ces photos de l'espèce Noctiluca scintillans ont été prises le 24 juillet 2013 à bord du vieux gréement Arawak au large de l'île d'Yeu.
Les micro-algues, invisibles à l’œil nul, peuvent apparaître à des densités si élevées que l'eau de mer peut prendre des teintes orange, verte, marron ou rouge. Ces photos de l'espèce Noctiluca scintillans ont été prises le 24 juillet 2013 à bord du vieux gréement Arawak au large de l'île d'Yeu. — Ifremer / Maxence LORIDAN

Eaux colorées, mousses, mortalité des poissons: dans le cadre d'un projet inédit de science participative, l'Ifremer demande aux vacanciers, promeneurs, pêcheurs ou adeptes des sports nautiques de signaler toute apparition de micro-algues le long des côtes bretonnes.

Le projet Phenomer, qui sera étendu en 2014 à toutes les côtes de l'Hexagone, constitue une première en Europe, à cette échelle et sur ce thème, selon l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).

«On a besoin des citoyens pour être au bon endroit et au bon moment»

Les micro-algues, organismes essentiels au développement de la vie, ne peuvent pas être observées à l'œil nu. En revanche, elles peuvent provoquer un changement de la couleur de l'eau (verte, rouge, marron, blanche...), un phénomène appelé efflorescence et qui est dû à leur prolifération. Elles peuvent également générer une quantité importante de mousses à la surface de l'eau et provoquer une mortalité importante chez les poissons notamment.

Les efflorescences peuvent se produire de façon «très ponctuelle et ne durer que quelques jours», a indiqué Amelia Curd, ingénieur au département Océanographique et dynamique des écosystèmes au centre Ifremer de Brest. «On a besoin des citoyens pour être au bon endroit et au bon moment», a-t-elle expliqué. L'objectif du projet, lancé progressivement depuis le printemps, est de «mieux connaître la biodiversité des micro-algues», a précisé la scientifique.

Les pays anglo-saxons adeptes des projets de science participative

Un numéro de téléphone (02 98 22 44 99) et un formulaire (disponible à compter du 9 août) sur internet sont mis à la disposition des personnes qui souhaiteraient faire un signalement. Le projet, dirigé par l'Ifremer et auquel participent la station biologique de Roscoff et l'université de Bretagne Occidentale (UBO), est soutenu financièrement par le ministère de l'Ecologie, la Fondation de France et l'Agence de l'eau Loire-Bretagne.

Les projets de science participative, qui permettent de démultiplier les sources de collecte de données, sont assez récents en France (années 1990), tandis que dans les pays anglo-saxons, ils sont bien plus anciens.