Pourquoi une interdiction du voile à l’université n’est pas à l’ordre du jour

Oihana Gabriel

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Des élèves voilées en cours dans une école de Toulouse le 11 mai 2011.
Des élèves voilées en cours dans une école de Toulouse le 11 mai 2011. — ERIC CABANIS / AFP

Au lendemain de la publication par Le Monde d'un rapport du Haut conseil à l'intégration (HCI) préconisant l'interdiction du foulard islamique dans l'enseignement supérieur, l’Observatoire de la laïcité, un organisme rattaché à Matignon et doté par le Président de la République en avril d’une équipe et de missions, confirme que cette piste n’est pas à l’ordre du jour.

«Grande surprise»

Contacté par 20 Minutes, Nicolas Cadène, le rapporteur général de l’Observatoire avoue sa «grande surprise. La Mission laïcité du HCI n’existe plus. D’ailleurs ce rapport n’en est pas vraiment un. Il n’a jamais été remis au Premier Ministre, mais c’est un document que cette Mission nous a remis en avril quand l’Observatoire de la laïcité a repris les dossiers. »

 Pour lui, les échos dans les universités sont fort différents des conclusions alarmistes du HCI. « Nous n’avons pas les même remontées de terrain. Nous avons lu ce document, nous en avons parlé avec les universitaires, qui sont les premiers concernés. Et de manière générale, notre rapport publié en juin était bien plus positif que ce qu’on pouvait craindre. Les atteintes à la laïcité existent, mais elles sont souvent résolues par le dialogue. Ce qui est vrai, c’est qu’il faut préciser, informer, peut-être clarifier le droit sur ce qui est autorisé ou non. Mais il faudra voir si ça passe par une circulaire, une charte ou une loi. Nous sommes contre les lois de circonstance. »

«Pas de montée du communautarisme »

Une position corroborée par les dires de Jean-Loup Salzman, président de la Conférence des Président d’Universités. Dans Le Figaro, ce dernier qualifie le HCI d’«autiste» et ne constate par de «montée du communautarisme ou de l'intolérance à l'université».

Alors coup politique ? Fuite dans la presse qui embarrasse le gouvernement, jouant l’apaisement plutôt que la confrontation ? Nicolas Cadène tacle : « On est là pour mener des études sérieuses sur la laïcité, pas pour créer des polémiques inutiles. La laïcité, c’est un outil du vivre-ensemble, ça s’oppose donc à la stigmatisation.

Si les chiffres d’une éventuelle montée du communautarisme, dénoncée par ce rapport du HCI, sont très difficiles à trouver, il précise que « lorsqu’il y a des atteintes, elles concernent toutes les religions. »

Des recommandations en novembre 2013

L’observatoire de la laïcité doit rendre courant novembre des recommandations concernant l’accueil de la petite enfance et plus globalement sur les atteintes à la laïcité.