Dette de l'UMP: Luc Chatel sermonne les parlementaires

POLITIQUE Il les appelle à faire une contribution pour sauver le parti, plombé par sa dette électorale...

avec AFP

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Lors d'une conférence de presse de l'UMP le 25 novembre 2012 à Paris.
Lors d'une conférence de presse de l'UMP le 25 novembre 2012 à Paris. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Luc Chatel, vice-président de l'UMP, a appelé mercredi au «sens des responsabilités» les parlementaires du parti, apparemment moins pressés que les sympathisants d'éponger la dette électorale née de l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. «Quand on est parlementaire, quand on est élu local, grâce à l'UMP très souvent, je pense que c'est important de renvoyer l'ascenseur dans des périodes difficiles», a grincé le député de Haute-Marne, invité d'Europe 1. Selon la trésorière de l'UMP Catherine Vautrin, «70% des parlementaires UMP» ont participé à la souscription, soit 30% des députés et sénateurs du parti manquant à l'appel.

Il manque 2 millions d'euros

«Historiquement, les élus ne sont pas les meilleurs en matière de contribution au financement de leur parti», a encore observé Luc Chatel, un soutien de Jean-François Copé, confirmant que l'appel aux dons avait jusqu'alors permis de récolter quelque 9 millions d'euros sur les 11 non remboursés par l'Etat. Selon lui, «plus de 100.000 donateurs» ont mis la main à la poche et «la souscription continue» puisque l'UMP a obtenu mardi auprès des banques un délai supplémentaire de deux mois. Quant à l'«effort supplémentaire» auquel le député Bernard Debré a invité Nicolas Sarkozy, en tant que caution solidaire du prêt contracté, l'ancien ministre de l'Education nationale a dit ne pas être «sûr qu'on fasse avancer les choses en s'envoyant des invectives de cette manière».

Bernard Accoyer nie tout mécontentement

 

Peu après, le député UMP Bernard Accoyer a assuré que les parlementaires du parti s'acquitteraient «tous» de leur contribution. «J'ai la certitude que, dans des délais très courts, ils s'en acquitteront tous, c'est d'abord un devoir, une exigence», a déclaré l'ancien président de l'Assemblée nationale sur France Inter. "C'est certainement une question de temps, je ne peux pas imaginer autre chose", a poursuivi l'élu de Haute-Savoie.

Il a écarté toute forme de mécontentement à l'égard de Nicolas Sarkozy et de la dette électorale de l'UMP. A en croire M. Accoyer, "ce n'est pas du tout l'état d'esprit qui prévaut parmi les parlementaires". "Il n'y a à l'UMP aucune contestation significative sur l'action qui a été conduite pendant cinq ans par Nicolas Sarkozy, même si cela "mérite une analyse pour en tirer des conclusions positives pour l'avenir", a-t-il encore soutenu. Quant à sa contribution personnelle, il a indiqué avoir versé 5.600 euros, soit "nettement plus que les 2.000 euros qui étaient recommandés par le mouvement" pour les parlementaires.