Une famille avec deux jeunes enfants en centre de rétention à Rennes

avec AFP

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Le tribunal administratif de Rennes a rejeté mercredi le recours déposé par une famille tchetchène avec deux jeunes enfants contre son placement en centre de rétention administrative (CRA), a-t-on appris auprès de la Cimade. Le couple de demandeurs d'asile, âgés de 31 ans et 23 ans, ainsi que leurs deux enfants de deux et trois ans, ont été interpellés tôt dimanche à Nantes dans l'hôtel où ils résidaient et emmenés au CRA de Saint-Jacques-de-la-Lande, dans la périphérie de Rennes.

Ils seront présentés jeudi au juge des libertés et de la détention (JLD), a-t-on indiqué de même source. Ils risquent l'expulsion vers la Pologne, premier pays par lequel ils sont entrés dans l'Union européenne et où, selon la convention de Dublin II, ils sont censés déposer leur demande d'asile. Or, la Pologne n'accorde qu'exceptionnellement l'asile politique, et encore moins pour les ressortissants tchetchènes, selon la Cimade. De plus, de nombreux Tchetchènes se considèrent menacés en Pologne en raison des «infiltrations par la frontière biélorusse des services secrets du président tchetchène Ramzan Kadyrov», précise-t-on de même source.

En 2009, la cour d'appel d'Angers avait argué du faible taux d'attribution du statut de réfugié politique accordé par l'Etat polonais pour permettre à un couple de Tchetchènes de déposer une demande d'asile en France.  Par ailleurs, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France, début 2012, pour le placement d'enfants en centre de rétention. Sous la présidence Hollande, le principe de cette rétention d'enfants «n'a pas été véritablement remise en cause», déplore la Cimade. L'association relève en effet qu'une circulaire stipule que les familles doivent être, en priorité, assignées à résidence et non internées dans un centre fermé, mais que «cette circulaire est très restrictive».