Brétigny: Une information judiciaire ouverte pour homicides et blessures involontaires

JUSTICE Le déraillement du train avait fait six morts, probablement à cause du basculement d'une éclisse, comme l'a confirmé le procureur...

avec AFP

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 Vue du train Teoz Intercités en gare de Brétigny-sur-Orge deux jours après l'accident
 Vue du train Teoz Intercités en gare de Brétigny-sur-Orge deux jours après l'accident — Jacques Brinon/AP/SIPA

Une information judiciaire a été ouverte ce mercredi pour homicides et blessures involontaires après le déraillement du Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge le 12 juillet dernier, a annoncé le procureur d'Evry Eric Lallement lors d'une conférence de presse. Un collège de trois juges d'instruction a donc été nommé pour enquêter, a-t-il précisé.

L'accident avait fait six morts: deux passagers originaires du Limousin et quatre habitants de l'Essonne, qui se trouvaient sur le quai au moment du drame.

La piste de l'éclisse

Le procureur a par ailleurs confirmé les premiers éléments de l'enquête de la SNCF, qui incriminait l'éclisse, une pièce de métal qui sert à raccorder deux rails ensemble, et qui s'est détachée au passage du train pour se loger au centre de l'aiguillage. Le basculement de l'éclisse «semble être à l'origine de la catastrophe», a dit Eric Lallement. «Les recherches vont se concentrer sur les causes de l'absence, de la rupture et/ou du desserrage des écrous de cette éclisse», a précisé le magistrat.

La responsabilité du conducteur, tout comme l'hypothèse d'un acte de malveillance semblent être aujourd'hui écartées, a commenté le procureur.

Au moins deux vols sur passagers

Par ailleurs, sur la polémique sur les pillages éventuels de passagers, le procureur a précisé qu'il avait «la certitude» qu'il y a eu au moins «deux vols [qui] ont été commis au préjudice de deux passagers».  Des objets appartenant à ces passagers ont été retrouvés à Châtelet, au coeur de Paris, a indiqué le magistrat, évoquant également des images de vidéosurveillance où les enquêteurs ont pu voir des individus quitter la gare avec des valises qu'ils n'avaient pas en entrant dans le bâtiment. Deux ordinateurs - restent manquants, a-t-il ajouté. Au total, quatre plaintes ont été recensées par le parquet d'Évry.

Ce sont des actes «inqualifiables», a encore dit Eric Lallement, refusant toutefois d'utiliser le terme de «pillage», qui «n'est pas un terme juridique».

D'après lepoint.fr, quatre personnes sont précisemment recherchées. Quatre demande de recherche et d'identification d'auteur de vol simple «dans un lieu affecté à un transport de voyageurs» ont été effectuées. Les enquêteurs disposent des photos, tirées des bandes de vidéo-surveillance.

Quelques jets de cailloux

Le procureur est ensuite revenu sur les informations faisant état de jets de projectiles ou de caillassage dont auraient été la cible les forces de l'ordre et les secouristes. «Des jets de cailloux ont été projetés en direction de cinq sapeurs-pompiers (...) par un petit groupe de jeunes», dans les minutes qui ont suivi la catastrophe, a-t-il précisé. Ce groupe a été dispersé par les forces de l'ordre et il n'y a pas eu d'autres jets de cailloux ensuite.

Deux heures après, néanmoins, alors que les forces de l'ordre tentaient d'élargir le périmètre de sécurité, un agent de police a constaté le «jet de deux canettes en direction des forces de l'ordre» sans que ces jets de projectiles ne fassent de victimes.