Incendie chez les Femen: la piste accidentelle privilégiée

INCENDIE L'origine du sinistre reste indéterminée. La police privilégie la piste accidentelle, tandis que les Femen pointent «beaucoup de coïncidences»...

M.Gr. et A.L avec AFP

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Une des fondatrices du mouvement Femen, Inna Shevchenko, dimanche 21 juillet, devant Le Lavoir Moderne, après l'incendie.
Une des fondatrices du mouvement Femen, Inna Shevchenko, dimanche 21 juillet, devant Le Lavoir Moderne, après l'incendie. — THOMAS COEX / AFP

Le feu a pris vers 4h50, au 35 rue Léon à Paris (18e), au 2e étage du théâtre du Lavoir Moderne Parisien. Dans ces locaux, occupés par le mouvement féministe Femen depuis septembre 2012, se trouvaient deux personnes au moment des faits, rapporte Le Parisien ce dimanche. L'une d'entre elles, blessée au bras, n'aurait pas souhaité être transportée à l'hôpital, indique le quotidien sur son site Internet.

Inna Shevchenko, chef de file des Femen en France a confimé à l'AFP que le feu avait pris «autour de 5h du matin», indiquant par ailleurs qu'elle n'était alors pas présente sur les lieux. Une pièce de 15m2 a été détruite et cinq personnes ont été évacuées, a précisé une source policière.

Deux activistes étaient sur les lieux

«Il y avait une fenêtre ouverte et le feu a commencé à cet endroit là», a expliqué la chef de file des Femen. «Je n'étais pas là mais deux activistes étaient là et ont essayé d'éteindre le feu avec des extincteurs. Elles n'ont pas réussi et elles ont dû s'enfuir. Elles ont appellé les pompiers», a poursuivi la militante. «Nous ne comprenons pas les raisons (de l'incendie). Les activistes étaient en train de dormir, ça a été très soudain et le feu a été très fort», a-t-elle commenté.

«Les Femen ont beaucoup d'ennemis qui essaient de nous arrêter depuis longtemps», a déclaré Inna Shevchenko, qui a obtenu récemment le statut de réfugiée en France. La militante a expliqué que «tout est brûlé au deuxième étage» dans cet immeuble du 18e arrondissement de la capitale qui abrite leur quartier général.

La piste accidentelle privilégiée

L'incendie a pu être rapidement maîtrisé par les sapeurs-pompiers et n'a pas fait de victime. Quant aux causes du sinistre,  elles ne sont pas connues pour l'instant. Une enquête est en cours, pour tenter de déterminer l'origine du feu.

«Aucun élément ne permet de déterminer l'origine du sinistre», mais «nous retenons à ce stade l'hypothèse d'un départ de feu accidentel», a déclaré une source policière à l'AFP.

«Beaucoup de coïncidences», estiment les Femen

«On est choquées, on est troublées, on aimerait savoir ce qui s'est réellement passé» , a dit Pauline Hillier, qui se trouvait dimanche matin devant l'immeuble, où avait été extrait des vêtements et des meubles endommagés. Du matériel photo et des livres sont aussi partis en fumée, selon la militante.

«On trouve qu'il y a beaucoup de coïncidences: ça arrive une semaine après la polémique du timbre. Les deux activistes qui étaient dans les lieux étaient les deux activistes retenues en Tunisie, Marguerite et moi», a-t-elle expliqué. Les Françaises Pauline Hillier et Marguerite Stern et l'Allemande Josephine Markmann étaient arrivées en France fin juin, après près d'un mois de détention en Tunisie pour une action seins nus. Récemment, la sortie d'un timbre à l'effigie de Marianne symbole de la république dont les traits ont été inspirés par le visage d'une des Ukrainiennes ayant fondé le groupe féministe controversé Femen, a suscité la polémique.

«Les Femen ont beaucoup d'ennemis»

Le Printemps français, une nébuleuse d'opposants au mariage homosexuel pour la plupart liés à l'Église catholique, a dénoncé une «nouvelle Marianne à l'image du gouvernement: christianophobe, haineuse et idéologue!». La chef de file des Femen, Inna Shevchenko, avait aussi soulevé la colère des internautes pour un tweet diffusé le 9 juillet dans lequel elle demandait: «Qu'est ce qui peut être plus stupide que le Ramadan? qu'est ce qui peut être plus laid que cette religion?»

«Les Femen ont beaucoup d'ennemis qui essaient de nous arrêter depuis longtemps», a déclaré dimanche à Inna Shevchenko, qui a obtenu récemment le statut de réfugiée en France. Pour elles, l'incendie est «très étrange» et pourrait être lié à des «raisons politiques». «On reçoit des messages de mort tous les jours. Hier, on a reçu un message sur le portable des Femen qui disait Burn witches (brûlez, sorcières)», a décrit Pauline Hillier. «Si c'est criminel, pour nous, c'est vraiment inquiétant , a-t-elle poursuivi. En attendant les résultats de l'enquête, «Il faut qu'on trouve un nouvel endroit où aller» .

Les Femen, un groupe de féministes ukrainiennes installé à Paris, est connu depuis 2010 pour ses actions seins nus pour dénoncer le sexisme, l'homophobie, la prostitution et la religion.