Les policiers de Trappes restent vigilants après une nuit de violences

FAITS DIVERS Les policiers de Trappes restaient vigilants samedi soir au lendemain d'affrontements avec des centaines d'habitants qui réclamaient la libération d'un homme, arrêté pour s'être violemment opposé au contrôle de sa femme intégralement voilée...

avec AFP

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Des fourgons de CRS, à Trappes, le 20 juillet 2013.
Des fourgons de CRS, à Trappes, le 20 juillet 2013. — MIGUEL MEDINA / AFP

Les abords du commissariat de Trappes (Yvelines) restaient déserts dans la soirée de samedi, mais une trentaine de fourgons de CRS étaient toujours postés sur place.

Les renforts seront maintenus dans le quartier des Merisiers, classé zone urbaine sensible (Zus), «tant que nous sentirons des menaces», a souligné le préfet Erard Corbin de Mangoux, en appelant les habitants «au calme».

Le mari de la femme voilée a tenté d'étrangkler un policier

L'origine des troubles, qui ont fait un blessé grave et quatre légers, remonte à jeudi. Lors du contrôle de son épouse voilée, le mari a agressé un policier et tenté de l'étrangler, selon le procureur de la République de Versailles Vincent Lesclous. Il a donc été placé en garde à vue à Trappes. Ce Français concerti à l'Islam a éré remis en liberté dans la journée et placé sous contrôle judiciaire. Il sera convoqué prochainement devant un tribunal.

Le lendemain, un groupe d'une trentaine d'individus s'est présenté au commissariat pour réclamer sa remise en liberté. A la suite du refus de la police, ils ont rameuté d'autres habitants par SMS ou par les réseaux sociaux, selon des sources concordantes.

Une foule de 250 personnes

Une compagnie de CRS a été appelée en renfort pour protéger le commissariat, alors que la foule avait atteint environ 250 personnes devant le bâtiment et 400 au total dans le quartier. Les manifestants ont lancé des pierres, incendié des poubelles et vandalisé des abris-bus. Les forces de l'ordre ont répondu avec des grenades de dispersion et des gaz lacrymogènes.

Le préfet a fait état d'un "siège" du commissariat pendant un peu plus d'une heure.

"«Boucs émissaires d'extrémistes»

Un adolescent de 14 ans a été blessé à l'oeil par un projectile d'origine indéterminée, selon le procureur. Des témoins ont évoqué un tir de flash-ball. Une enquête a été confiée à la police des polices.

Quatre policiers ont été blessés lors de ces violences et six manifestants ont été interpellés, dont l'un a été remis en liberté samedi.

Des versions différentes

Dans un communiqué, le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a donné une autre version des faits, évoquant des «provocations» de la police lors du contrôle. Autre organe militant, la Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI) a «réfuté les versions policières» et demandé une enquête "indépendante".

Les syndicats policiers ont pour leur part regretté de servir de «bouc-émissaires à des extrémistes religieux» (Unité SGP Police FO) et déploré «les procès d'intention orchestrés par des fondamentalistes» (Synergie-Officiers).

Le président de l'Observatoire de l'islamophobie, Abdallah Zekri, s'est dit «révolté par ces propos inadmissibles« et «ces amalgames qui mettent de l'huile sur le feu». Sans se prononcer sur le fond de l'affaire, il a appelé au calme.

Le maire de Trappes choqué

Quant au maire de Trappes, Guy Malandain (PS), il s'est dit «choqué» par la tournure des événements et a souligné que de nombreux habitants s'étaient dits «mécontents de ces violences inutiles».

Une loi interdit depuis 2011 la dissimulation du visage dans l'espace public, sous peine d'amende. Selon un rapport officiel récent, 705 contrôles ont été effectuées depuis avril 2011, dont 423 concernant des femmes entièrement voilées. 661 verbalisations ont été établies.