Que sait-on des scènes de pillages à Brétigny-sur-Orge?

A. S.
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Des enquêteurs de la police effectuent des recherches sur les lieux de l'accident ferroviaire à Brétigny-sur-Orge le 13 juillet 2013.
Des enquêteurs de la police effectuent des recherches sur les lieux de l'accident ferroviaire à Brétigny-sur-Orge le 13 juillet 2013. — Thibault Camus/AP/SIPA

Pillage ou pas pillage? Depuis une semaine, la question est sur toutes les lèvres alors que de telles scènes ont été rapportées à Brétigny-sur-Orge (Essonne) dans la foulée du déraillement mortel du train vendredi dernier. 20 Minutes fait le point sur l'affaire.

Que sait-on?

Peu de certitudes dans cette affaire. La seule, c’est que quatre jeunes hommes ont été interpellés dimanche, soupçonnés d'avoir participé à une bousculade lors de laquelle un urgentiste s'est fait dérober son téléphone portable. Selon une source proche de l’enquête, un différend aurait éclaté entre un secouriste et plusieurs de ces jeunes car ils n'auraient pas obtenu qu'une jeune femme qui les accompagnait soit examinée par le médecin. Autre certitude: un policier a déposé plainte pour outrages lors d’une première interpellation le jour même du déraillement.

Dans un incident distinct, juste après l'accident, des projectiles ont été lancés vers des pompiers. Selon une source proche de l'enquête, un groupe de jeunes était mécontent d'être éloigné des lieux de la catastrophe en raison de la mise en place d'un large périmètre de sécurité. Plusieurs sources policières, ainsi que la mairie, ont confirmé que la situation à cet endroit avait alors été brièvement tendue mais que les forces de l'ordre avaient rapidement éteint la poussée de fièvre.

D’où vient la rumeur/information selon laquelle il y a eu des pillages?

C’est le syndicat de police Alliance qui, le premier, a évoqué la présence d'un groupe de jeunes «qui semblent porter secours aux victimes» mais qui, selon les policiers présents, auraient été «présents pour dépouiller les victimes et notamment les premiers cadavres». Samedi, les équipes de la Croix-Rouge et du Samu qui sont intervenues ont contredit cette information. Elles ont expliqué ne pas avoir été gênées dans leur travail par les badauds et ne avoir vu de pillage. Le même jour, le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a déclaré n'avoir pas eu connaissance «de victimes dépouillées», faisant simplement état «d'actes isolés», «d'une personne interpellée», «d'une tentative de vol de portable» sur un secouriste, de «pompiers qui par petits groupes ont été accueillis de façon un peu rude».

Pourquoi la polémique rebondit-elle ce vendredi?

Un rapport policier, révélé jeudi par Le Point et dont l'AFP a eu connaissance, fait état de vols d'effets appartenant aux victimes de l'accident. Même si ces vols n'ont pour l'heure pas donné lieu à plainte. Selon les auteurs de ce document, les membres de la compagnie de CRS 37 ont dû repousser, à leur arrivée à Brétigny, des «fauteurs de trouble» qui «avaient réussi à s'emparer d'effets personnels éparpillés sur le sol ou sur les victimes». 

Mais une source préfectorale affirme ce vendredi que l'heure d'arrivée des premiers CRS, une heure et demie après les secours, «ne colle pas» avec la description, faite par le rapport policier, de «scènes de pillage qui n'existent pas».

Et maintenant?

L'enquête est en cours, avec des auditions de policiers, de secouristes et l'analyse d'images de vidéosurveillance. Quant au bagages et effets personnels des voyageurs, ils ont été centralisés en gare de Paris Austerlitz depuis samedi pour être restitués à leurs propriétaires.