Un possible sabotage a fait dérailler un train en Haute-Vienne

20 Minutes avec AFP
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Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de  la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages  des voies ferrées après l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge.
Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages des voies ferrées après l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Une éclisse en partie  déboulonnée a entraîné vendredi le  déraillement partiel d'une locomotive  sur un site du groupe nucléaire  Areva en Haute-Vienne, le même jour que  l'accident de Brétigny,  a-t-on appris mercredi auprès de la SNCF qui  privilégie la piste du  sabotage. Une enquête a été ouverte à Limoges, notamment pour «mise en  danger de la vie d'autrui», selon des sources concordantes.

Le déraillement partiel de la locomotive - l'un des essieux a  quitté  la voie - a été provoqué vendredi 12 juillet par une traverse  soulevée  sur cette voie longue de deux kilomètres située au lieu-dit du  Pradelet, à 30 km au nord de Limoges, a-t-on appris auprès d'Areva. Il  n'a pas fait de blessés.

Une plainte déposée

Sur ce site, Areva entrepose notamment de l'uranium appauvri   provenant de Pierrelatte (Drôme), où se trouve une partie du complexe   nucléaire de Tricastin.L'uranium appauvri y est transporté dans des  conteneurs  acheminés en train. Au moment du déraillement toutefois,  aucun transport  d'uranium n'était en cours.

Le déraillement a été revendiqué par mail le 13 juillet  auprès du  Populaire du Centre par «un militant antinucléaire», selon ce  journal.  Le courriel, précise le quotidien, est arrivé le jour de  l'ouverture  d'Urêka, un musée de la mine en partie financé par Areva. La SNCF a  déposé plainte pour «mise en danger de la vie  d'autrui» et Areva pour  sa part a déposé une plainte contre X pour  sabotage Selon le Populaire  du Centre, deux employés de la SNCF présents au moment des faits ont  également porté plainte.

Le déraillement s'est produit le même jour que l'accident de  train  qui a tué six personnes à Brétigny-sur-Orges (Essonne) mais la  SNCF  avertit que tout rapprochement avec ce déraillement partiel   probablement dû à un acte de malveillance serait «aventureux» même s'il   s'agit d'éclisses dans les deux cas. A Brétigny, la SNCF privilégie la  thèse d'une défaillance  matérielle d'une éclisse. Selon l'opérateur  ferroviaire, cette pièce  d'acier de dix kilos reliant deux rails s'est  détachée et est venue se  loger au centre de l'aiguillage, provoquant  une des pires catastrophes  ferroviaires de ces dernières années.