Corrèze, black metal et voisinage… Ce que l’on sait de l’entourage de Kristian Vikernes

M.Gr.

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Le jardin de la maison où habitait Varg Vikernes avec sa femme et ses trois enfants, dans le hameau de «Las Fleyras», près de Salon-La-Tour (Corrèze), le 16 juillet 2013
Le jardin de la maison où habitait Varg Vikernes avec sa femme et ses trois enfants, dans le hameau de «Las Fleyras», près de Salon-La-Tour (Corrèze), le 16 juillet 2013 — PATRICK BERNARD / AFP

«Varg», le loup en norvégien, est-il un loup solitaire? Après l’arrestation de ce Norvégien et de sa femme française, mardi à Salon-La-Tour (Corrèze), que sait-on sur l’entourage de Kristian Vikernes, présenté par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, comme «susceptible de préparer un acte terroriste d’envergure»? Alors que leur garde à vue vient d’être prolongée, 20 Minutes plonge dans leur univers.

>> Pour lire le portrait de Kristian Vikernes, c’est par ici

Que faisait-il en Corrèze?

«Varg» et sa petite famille étaient installés dans la petite commune de Salon-La-Tour, un petit village corrézien de quelque 750 âmes. Arrivé en France en 2010, un an après avoir purgé une peine de 16 ans de prison pour meurtre, il vivait dans une maison de location, que lui et sa famille occupaient depuis un an, indique RTL. Selon le maire de la commune, le couple ne s'était pas intégré à la vie du village et l’aîné des enfants (6 ans) n’était pas scolarisé.

Comment le couple était-il perçu par leurs voisins?

Qualifiée de «tout à fait normale» par le voisinage interrogé par le quotidien La Montagne, la famille de «Varg» vivait en marge à «Las Fleytias», un hameau d’une vingtaine d’habitations partagé entre des gens du «coin» et des maisons secondaires. Les voisins parlent également d’un couple «plutôt discret», qui se promenait «quelques fois avec leurs trois enfants sur les chemins alentours». Jean-Claude Chauffour, maire de Salon-la-Tour, raconte également être allé à leur rendre une visite de courtoisie, il y a deux mois, «comme on a l’habitude de le faire avec les nouveaux arrivants», raconte-t-il à La Montagne. Mais la mère de famille leur avait alors dit qu’elle ne préférait pas les recevoir, détaille l’édile.

Quels liens entre ses idéaux néo-nazis et le black metal?

Comme l'explique à Francetv info Alexis Mombelet, sociologue spécialiste du metal, la musique pratiquée par Kristian Vikernes, qui faisait partie de la branche ultra minoritaire appelée «national socialist black metal, n'a pas «pétri ses idéaux». Selon le sociologue, «c'est au travers d'interviews, d'ouvrages, qu'il a diffusé ses opinions et non au travers des paroles de ses morceaux». Le chercheur parle également d'«un paradoxe», entre les idées qui peuvent être portées par la musique d’un groupe et le fait qu’elles soient pourtant condamnées par certains auditeurs. C'est d'ailleurs quelque chose que l’«on retrouve dans tous les genres musicaux», estime Alexis Mombelet. D'après lui, «l'instrumentalisation de la notoriété pour porter des idées radicales existe également dans le rock, dans la techno». Et ne serait donc pas spécifique au metal.

Quel rôle a joué sa femme?

Elle s'appelle Marie Cachet. Il s'agit d'une Française de 25 ans, avec qui Kristian Vikernes s'est marié et a trois enfants de 2, 4 et 6 ans. Si Kristian Vikernes faisait depuis quelques mois l'objet d'une surveillance policière, c'est au début du mois que l'affaire a pris un tour judiciaire, avec l'ouverture d'une enquête préliminaire par la section antiterroriste du parquet de Paris. Cette décision a été prise notamment du fait de l'acquisition légale d'armes par Marie Cachet, qui possède un permis et qui est inscrite dans un club de tir. En perquisitionnant, les policiers ont notamment saisi, mardi matin, cinq armes longues, dont quatre carabines 22 long rifle. Selon des voisins cités par La Montagne, la jeune femme attend actuellement un quatrième enfant. Marie Cachet a para ailleurs réalisé le film ForeBears sorti en 2013, dont la bande originale n'est autre que l'album Sôl austan, Mâni vestan réalisé par son mari.

Et maintenant?

Les gardes à vue de Kristian Vikernes et de son épouse Marie Cachet, arrêtés mardi en Corrèze, ont été prolongées de 24 heures. En matière antiterroriste, une garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures. Le couple se trouve actuellement au commissariat de Brive.