Le Parlement autorise la recherche sur l'embryon

MEDECINE Il vient d’adopter définitivement ce texte…

C.B. avec AFP
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L'hémicycle de l'Assemblée Nationale lors des questions au gourvernement, le 10 avril 2013.
L'hémicycle de l'Assemblée Nationale lors des questions au gourvernement, le 10 avril 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

C’est fait. Le Parlement a définitivement adopté mardi le texte autorisant la recherche sur l'embryon et les cellules souches, soutenu par le gouvernement pour que la France rattrape son «retard», mais qui hérisse certains députés UMP. Cette proposition de loi des radicaux de gauche a été adoptée par 314 voix contre 223. La recherche sur l'embryon et les cellules souches passe ainsi de l'interdiction avec dérogations, en vigueur depuis 2004, à l'autorisation encadrée.

En France, il est interdit de fabriquer des embryons spécialement pour la recherche: ces derniers, avec accord écrit du couple, proviennent du stock des embryons congelés dans le cadre de la procréation médicalement assistée (PMA). Chaque année les couples sont interrogés par les centres de PMA qui les suivent sur le devenir de leur projet parental et leurs souhaits: maintien ou non du projet de bébé, don à un autre couple infertile, don à la recherche, ou encore, destruction.

Pour le don à la recherche, le couple doit confirmer dans un délai de trois mois sa réponse écrite manifestant ce souhait. La confirmation doit également être signée de chacun des deux membres du couple. 

A quoi servent ces embryons?

Les embryons donnés à la science permettent en particulier la recherche sur les cellules souches embryonnaires, qui ont la particularité d'être «pluripotentes», c'est-à-dire de pouvoir se transformer en tout type de cellules du corps humain (peau, cerveau, coeur, etc.), contrairement aux cellules différenciées qui sont spécialisées dans une fonction précise.

Au 31 décembre 2010, le nombre total des embryons congelés s'élevait à 171.417 -dont 109.971 faisaient encore l'objet d'un projet parental, selon les derniers chiffres disponibles auprès de l'Agence de biomédecine. Sur le total des embryons stockés, 29.779 ne faisaient plus l'objet d'un projet parental à cette date. Ainsi 17.179 ont été proposés à la recherche par le couple et 12.600 à «l'accueil», c'est-à-dire à un don à un autre couple infertile. 

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En outre, un désaccord ou un défaut de réponse du couple concerne 31.667 embryons stockés au froid. La recherche sur l'embryon humain est interdite en France depuis 2004, mais l'Agence de la biomédecine peut, à titre de dérogation, délivrer des autorisations aux équipes de chercheurs qui en font la demande, après avoir évalué la pertinence scientifique et éthique de leurs projets.

Depuis 2005, plus de 70 projets de recherche sur l'embryon ou sur les cellules souches embryonnaires humaines ont été autorisés à titre dérogatoire par l'Agence de la biomédecine, indiquait cette dernière fin mai.