Qui sont les gagnants de la réforme des bourses étudiantes à la rentrée 2013

Delphine Bancaud
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Geneviève Fioraso, Ministre de lEnseignement superieur et de la Recherche dans son bureau.
Geneviève Fioraso, Ministre de lEnseignement superieur et de la Recherche dans son bureau. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La rentrée devrait être un peu moins difficile pour 92.000 étudiants. La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, a annoncé ce mardi une hausse de 118 millions d'euros du budget des bourses étudiantes pour la rentrée. «Ce budget sera quasiment doublé à la rentrée 2014», a-t-elle aussi promis. A compter de septembre 2013, toutes les bourses seront valorisées pour tenir compte de l’inflation. Mais des mesures ont été aussi ciblées pour venir en aide aux étudiants qui en ont le plus besoin, selon le ministère. 20 Minutes fait le point sur ceux qui bénéficieront le plus de cette réforme des bourses, à la rentrée 2013. 

Les étudiants issus des familles les plus modestes. Dès la rentrée 2013, un nouvel échelon est créé (le numéro 7), ce qui permettra à près de 30.000 étudiants d’obtenir une revalorisation de 15% de leur bourse (+703 euros par an soit 5.500 euros). «Ces étudiants représentent 25% des boursiers actuels. Leurs parents touchent des revenus proches des minimas sociaux (moins de 7.540 euros par an)», a précisé Geneviève Fioraso. Un moyen pour la ministre de démocratiser l’enseignement supérieur, car «aujourd’hui seulement 13,5% des jeunes issus de milieux modestes sont inscrits en licence», a rappelé Geneviève Fioraso. 

Les étudiants du bas de la classe moyenne. Actuellement les étudiants dont les revenus des parents sont inférieurs à 33.100 euros par an sont exonérés de droits d’inscription à l'université et de cotisation à la sécurité sociale. «Mais en raison d’effets de seuil, ils ne bénéficient d’aucune aide sonnante et trébuchante», détaille la ministre. «Pourtant, ces étudiants concentrent les plus grandes difficultés car ce sont ceux qui travaillent le plus et le plus de temps par semaine (16h pour beaucoup d’entre eux) afin de financer leurs études», a-t-elle ajouté. Pour leur venir en aide, un échelon «O bis» va être créé à la rentrée. Près de 55.000 étudiants devraient donc toucher 1.000 euros par an de bourse. «Grâce à cette mesure, leur taux de réussite en licence et en master devrait progresser de 6 à 8 points», escompte Geneviève Fioraso, qui fera un bilan des bénéfices du dispositif d’ici à un an. «Ces 1.000 euros par an, cela représente des heures de salariat en moins pour les étudiants qui travaillent», a salué Julien Blanchet, président de la Fage, «et nous espérons qu’à la rentrée 2014, la ministre doublera le nombre de jeunes bénéficiant de ce nouvel échelon». 

Les étudiants en rupture familiale

Certains étudiants ont coupé les ponts, au moins financièrement avec leurs parents. Mais le droit à une bourse étant fonction des revenus familiaux, ils n’en bénéficient pas. Et seulement 6.000 jeunes en «situation d'indépendance avérée» bénéficient d'une aide de 3.660 euros en moyenne du Fonds national d'aide d'urgence.Du coup dès 2013, une allocation comprise entre 4.000 et 5.500 euros, sera versée à 1.000 étudiants supplémentaires, soit 7.000 au total, indépendamment des revenus de leurs parents. «C’est la première fois qu’un gouvernement reconnaît le principe d’aides à l’autonomie», s’est félicité le président de l’Unef, Emmanuel Zemmour, qui espère désormais en obtenir 200.000 d’ici à la fin du quinquennat.