Accident de train de Brétigny: Comment la SNCF intervient sur les éclisses

REPORTAGE «20 Minutes» a assisté à une intervention de la SNCF sur des éclisses, cette pièce qui a causé le déraillement d'un train vendredi à Brétigny-sur-Orge...

Enora Ollivier, photos de Vincent Wartner

— 

Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents  de  la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des  aiguillages  des voies ferrées après l’accident ferroviaire de  Bretigny-sur-Orge.
Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages des voies ferrées après l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge. — V. WARTNER/ 20 Minutes

Le soleil tape fort à Bondy ce lundi. Dans la gare de cette ville de Seine-Saint-Denis, des agents de la SNCF, chaussures de sécurité aux pieds et gilet orange sur le dos, s’activent sur les rails. Ils interviennent sur des éclisses, ces pièces de métal servant à joindre deux rails, situées dans un coeur d’aiguillage -c’est-à-dire dans une disposition similaire à celle de Brétigny-sur-Orge, théâtre d’une catastrophe ferroviaire qui a coûté la vie à six personnes vendredi.

Les éclisses en question font partie des 5.000 pièces que la SNCF s’est engagée à contrôler en quinze jours après le drame. Et ce «sur la base du principe de précaution», souligne Dominique Becker, responsable de la maintenance pour la zone Paris-Est. L’opération a commencé dès dimanche, en priorité dans des zones «fréquentées et à grande vitesse».

Il s’agit de «vérifier le serrage des pièces métalliques, et des rails sur les traversées», précise le responsable. En clair, les agents doivent resserrer les boulons des éclisses, pour s’assurer que ces dernières ne sortent pas de leur logement. Car l’accident de Brétigny a été causé par une pièce qui s’est désolidarisée, pour une raison inconnue, et s’est encastrée en s’élevant dans une pointe de rail, faisant dérailler le train.

L’intervention dure environ quinze minutes et mobilise quatre personnes: deux agents qui serrent les boulons à l’aide de grandes clés, et deux qui assurent la sécurité. La manœuvre s’effectue en effet sur des voies en service, utilisées en l’occurrence à Bondy par le tram qui passe, dans un sens ou l’autre, environ toutes les quatre minutes.

En tout, 700 agents sont mobilisés en France pour inspecter les éclisses concernées. Dans le secteur de Paris-Est, qui concerne approximativement le triangle est de Paris-Château-Thierry-Troyes, ils sont une trentaine pour vérifier 120 équipements en deux semaines.

Des contrôles réguliers
L’aiguillage défectueux de Brétigny avait été inspecté le 4 juillet dernier, soit huit jours avant la catastrophe, a indiqué dimanche la SNCF. Les équipements ferroviaires font en fait l’objet d’observations très régulières, notamment d’une surveillance à pied «destinée à s’assurer que tout est en ordre», explique Dominique Becker, responsable de la maintenance pour la zone Paris-Est. Des vérifications plus précises ont également lieu de manière «cyclique», à une fréquence dépendant «de la vitesse» des trains fréquentant les voies et de leur «tonnage».