Drame de Brétigny: L'enquête se concentre sur les raisons du détachement de l'éclisse

FERROVIAIRE Cette pièce fait une dizaine de kilogrammes...

avec AFP

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La gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, le 13 juillet 2013, au lendemain du déraillement d'un train qui a causé la mort de 6 personnes.
La gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, le 13 juillet 2013, au lendemain du déraillement d'un train qui a causé la mort de 6 personnes. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Les enquêtes se concentraient lundi sur les raisons pour lesquelles une éclisse, pièce métallique d'une dizaine de kilogrammes, s'est détachée des rails provoquant vendredi le déraillement du train à Brétigny-sur-Orge, près de Paris, faisant six morts. Sur place, les opérations de dégagement des voies se poursuivaient. Elles devraient s'achever lundi en fin de journée.

Alors que la vétusté du réseau est pointée du doigt, le président de Réseau ferré de France (RFF), Jacques Rapoport, a assuré lundi que le vieillissement des équipements ferroviaires nuisait à la performance du réseau mais pas à la sécurité, affirmant sur France Info qu'«il n'y a pas de lien entre l'âge d'un équipement et sa sécurité».

«3.000 kilomètres de lignes ralenties pour des raisons d'insécurité liée au vieillissement du réseau»

Il a assuré que son groupe qui gère le réseau ferré français et la Société nationale des chemins de fer (SNCF) assumeraient leurs responsabilités après cet accident, alors que quatorze personnes étaient toujours hospitalisées lundi dont deux grièvement. Les trois enquêtes en cours «nous diront s'il y a de nouvelles mesures, des adaptations, des changements de méthode, des efforts complémentaires à faire et nous les ferons», a-t-il dit, estimant que le transport ferroviaire était «parfaitement fiable aujourd'hui en France», vu «le nombre infinitésimal» des incidents ferroviaires et soulignant que «le dernier accident de ce type s'est produit il y a 30 ans».

De son côté, Gilles Savary, député PS de la Gironde et rapporteur de la future réforme ferroviaire en France, a fait état lundi de «3.000 kilomètres de lignes ralenties» en raison des risques engendrés par le «vieillissement du réseau». Selon lui, «l'état des lieux, c'est 3.000 kilomètres de lignes ralenties pour des raisons d'insécurité liée au vieillissement du réseau».

Face à ce vieillissement et par mesure de précaution, «on a plutôt baissé la vitesse que refait les lignes», a-t-il encore constaté, confirmant implicitement les explications de RFF. Cet accident intervient alors que nombre d'experts s'interrogent sur la stratégie d'investissements de ces dernières années axée sur la grande vitesse aux dépens des réseaux classiques.

Cinq milliards d'euros par an seront investis dans les transports d'ici à 2030

Le président François Hollande a confirmé dimanche que les lignes ferroviaires classiques, longtemps délaissées au profit des lignes à grande vitesse, seraient désormais prioritaires. Au total, le gouvernement a décidé d'investir plus de cinq milliards d'euros par an dans les transports d'ici à 2030. Deux milliards seront consacrés à la modernisation du rail chaque année.

Outre l'enquête interne ouverte par la SNCF, une enquête judiciaire travaille à déterminer d'éventuelles responsabilités pénales ou civiles tandis que des enquêteurs du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre, rattaché au ministère des Transports, étaient chargées d'identifier les circonstances et les causes de l'accident.