Accident de Brétigny: Que sait-on du drame?

ACCIDENT Six personnes sont décédées dans le déraillement d'un train vendredi, et 14 sont toujours hospitalisées...

E.O.

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La gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, le 13 juillet 2013, au lendemain du déraillement d'un train qui a causé la mort de 6 personnes.
La gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, le 13 juillet 2013, au lendemain du déraillement d'un train qui a causé la mort de 6 personnes. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Pourquoi le train a-t-il déraillé?

Guillaume Pépy, le président de la SNCF, a expliqué samedi que l’accident était dû à une pièce métallique défaillante. La société a diffusé une photo de cette pièce, appelée éclisse, une sorte d’agrafe en acier de 10kg qui sert à relier deux rails dans un aiguillage.

«L'éclisse (…) est sortie de son logement. Elle est venue se loger au centre de l'aiguillage et, à cet endroit, elle a empêché le passage normal des roues du train et aurait provoqué le déraillement», a expliqué samedi Pierre Izard, directeur général des infrastructures de la SNCF. Guillaume Pépy a par ailleurs exclu une «anomalie mécanique» sur la locomotive et la rame, précisant que cette dernière avait été contrôlée le «29 juin 2013».

Peut-il s’agir d’un acte de malveillance?

Cette piste n’est pas tout à fait exclue. Mais «ce n'est pas l'hypothèse que, aujourd'hui, je privilégie», a confié François Hollande lors de l’interview du 14-Juillet. «Je pense que nous sommes devant une défaillance matérielle». Un sentiment partagé par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Les enquêteurs s’orientent donc davantage vers un accident provoqué par un défaut de maintenance: boulons manquants, éclisse usée? L’enquête le déterminera. En tout cas, selon la SNCF, l’aiguillage où s’est produit l’accident avait été contrôlé le 4 juillet, huit jours avant le drame. Et depuis dimanche, environ 700 agents de la SNCF sont  mobilisés pour passer en revue les 5.000 éclisses du même type que celle incriminée.

Qui sont les victimes?

Six personnes sont décédées dans l’accident. Parmi elles, quatre ont été fauchées par le train alors qu’elles se trouvaient sur le quai: Brandon, 19 ans, qui jouait dans le club de football de Brétigny et avait fréquenté le lycée de la ville, Vincent, 23 ans, surveillant dans le même établissement, et un couple de retraités octogénaires habitant dans la commune. Les deux autres victimes se trouvaient dans le train: Morgane, 27 ans, qui rentrait chez ses parents à Limoges (Haute-Vienne) et un sexagénaire, également originaire du Limousin.

Par ailleurs, 14 personnes étaient toujours hospitalisées dimanche. Le pronostic vital de deux d’entre elles est toujours engagé, a indiqué le préfet de l’Essonne, et six -trois hommes et trois femmes- nécessitent «une hospitalisation de longue durée».

Où en est le trafic?

La circulation sur le RER C est toujours «fortement perturbée» entre Savigny-sur-Orge et Brétigny ce lundi, en raison des «travaux de remise en état des installations» dans la gare de Brétigny, a indiqué la SCNF. La situation devrait perdurer toute la semaine, et des bus de substitution ont été mis en place. De même, le trafic est encore difficile au départ et à l’arrivée de Paris-Austerlitz sur les grandes lignes.

Et maintenant?

François Hollande a indiqué que trois enquêtes étaient en cours, diligentées par le ministère des Transports, la SNCF et la justice. «Nous devons faire beaucoup plus pour l'entretien des lignes classiques, des lignes existantes», a indiqué le chef de l’Etat dimanche, rappelant qu'il avait «emprunté pendant des années» cette ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse dans des «wagons pas toujours les plus modernes». Le Président a souligné que la priorité en termes d’investissements serait mise sur ces «lignes classiques» et «les Intercités».