Déraillement mortel à Brétigny: Y a-t-il eu des scènes de pillage après l'accident?

Jérôme Comin (avec AFP)

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Des enquêteurs de la police effectuent des recherches sur les lieux de l'accident ferroviaire à Brétigny-sur-Orge le 13 juillet 2013.
Des enquêteurs de la police effectuent des recherches sur les lieux de l'accident ferroviaire à Brétigny-sur-Orge le 13 juillet 2013. — Thibault Camus/AP/SIPA

La confusion règne autour les rumeurs de pillages. Alors que le syndicat policier Alliance avait fait affirmé vendredi soir qu’un groupe de jeunes avaient «dépouillé les victimes» du déraillement du train à la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), les équipes de la Croix-Rouge et du Samu qui sont intervenues ont contredit cette information samedi. Elles expliquent ainsi ne pas avoir été gênées dans leur travail par les badauds et n'ont pas vu de pillage.

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«Nos équipiers n'ont rencontré aucun problème avec des badauds. Il n'y a pas eu d'agressions, nous avons travaillé de façon tout à fait normale», a déclaré Jean-François Riffaud, le directeur de la communication de la Croix-Rouge qui était sur place vendredi. Quelques 90 «équipiers» de la Croix-Rouge, accompagné de 28 camions, sont intervenus sur la catastrophe ferroviaire vendredi soir. Les premiers secouristes de la Croix-Rouge sont arrivés sur place «vers 18H30», selon Jean-François Riffaud, soit 1 heure 15 après l'accident.

Une «instrumentalisation indécente»

Le chef de service du Samu de Paris, le professeur Pierre Carli, a par ailleurs indiqué samedi à la presse qu'il n'avait pas eu connaissance d'éventuels caillassage ou pillage, dont ses équipes auraient été victimes, soulignant simplement que le site de l'accident était étendu. Joint par l'AFP, les pompiers de l'Essonne n'étaient pas en mesure de répondre dans l'immédiat samedi après-midi.

Une source policière a évoqué samedi une «situation tendue» en début de dispositif quand la Sûreté générale (Suge), le service de sécurité de la SNCF, est arrivée pour sécuriser la zone «comme c'est souvent le cas dans ces moments». «Il y a eu quelques jets de projectiles, mais pas de caillassage. Dans un événement complètement déconnecté, plus tard, un jeune a tenté de voler. Il a été interpellé», a ajouté cette source, qui «déplore cette instrumentalisation indécente».

Des «actes isolés» pour le ministre des Transports

Vendredi soir en effet, certaines personnalités politiques ont largement commenté cette information à l’image d’Eric Ciotti, délégué général de l’UMP qui affirmait dans un communiqué que «plusieurs bandes d'individus ont lâchement profité de la catastrophe pour caillasser sans raison et voler les victimes et les secouristes (...) Alors que le Gouvernement semble minimiser voire même banaliser l'existence de ces faits inqualifiables, je demande solennellement à la Garde des Sceaux que les auteurs de ces actes barbares intolérables soient condamnés avec la plus grande sévérité.»

Le ministre des Transports Frédéric Cuvillier (PS) a déclaré de son côté samedi sur i-Télé n'avoir pas eu connaissance «de victimes dépouillées», faisant simplement état «d'actes isolés», «d'une personne interpellée», «d'une tentative de vol de portable» sur un secouriste, de «pompiers qui par petits groupes ont été accueillis de façon un peu rude». Mais de «véritables actes commis en bande, non», a martelé le ministre.

Contacté, le sous-préfet d'Etampes, Ghyslain Chatel, a confirmé l'interpellation et précisé qu'il n'y en avait pas eu d'autres. Il a démenti que des secours aient fait l'objet de jets de projectiles, à l'exception d'un camion de pompiers, qui pourrait avoir été visé mais n'aurait pas été touché.