Un train déraille à Brétigny-sur-Orge, faisant au moins six morts

ACCIDENT Le train Intercités en direction de Limoges a également fait neuf blessés grave en «urgence absolue»...

N. Beu. avec AFP

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Wagons couchés et déchiquetés qui défoncent le béton de la petite gare de banlieue, morceaux de balast expulsés à des centaines de mètres, voyageurs éjectés, hébétés, parfois les vêtements en sang: les témoins et les voyageurs étaient sous le choc après l'accident survenu peu après 17H00. 
Wagons couchés et déchiquetés qui défoncent le béton de la petite gare de banlieue, morceaux de balast expulsés à des centaines de mètres, voyageurs éjectés, hébétés, parfois les vêtements en sang: les témoins et les voyageurs étaient sous le choc après l'accident survenu peu après 17H00.  — Kenzo Tribouillard AFP

Au moins six personnes sont mortes dans le déraillement d'un train Paris-Limoges dans la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), la catastrophe ferroviaire la plus grave depuis celle de la gare de Lyon qui avait fait 56 morts en 1988 à Paris.

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Un bilan provisoire transmis vers 22h15 par le ministère de l'Intérieur faisait état de six morts, neuf blessés grave en «urgence absolue» évacués par hélicoptère vers les hôpitaux franciliens tous mis en alerte, 22 blessés légers et 227 autres personnes prises en charge. Un responsable des secours interrogé à la même heure a précisé qu'aucun enfant ne figurait parmi les six personnes décédées, et qu'un «gros travail d'identification» était «en cours».

Le plan rouge activé

Le train «Intercités» (ex-train Corail) numéro 3657, parti vers 17h de la gare de Paris-Austerlitz et à destination de Limoges, a déraillé à 17h14, selon la SNCF. «De l'ordre de 370 personnes» se trouvaient à bord de ce train, a indiqué le président de la SNCF Guillaume Pepy sur place. 385, a précisé, plus tard, le directeur de la communication de la SNCF, Patrick Ropert.

Au total, six voitures ont déraillé. «Il y a deux voitures, les voitures 3 et 4 du train (...) qui ont déraillé et le train ensuite a connu, pour ce qui concerne les quatre autres voitures, un déraillement également», a-t-il expliqué. Le train, qui circulait sur le tracé de la ligne du RER C, s'est scindé en deux en arrivant à grande vitesse en gare de Brétigny-sur-Orge, selon une source policière. «Une partie du train a continué à rouler, tandis qu'une autre s'est couchée sur le flanc sur le quai», a indiqué cette même source. Le plan rouge «destiné à organiser» les secours en cas «d’événement provoquant un nombre élevé de victimes»a été déclenché à 17h23 a indiqué la préfecture de l'Essonne.

La catastrophe encore inexpliquée

Pour ce qui est des causes de l'accident, l'enquête en est encore à ses balbutiements. «Nous ne connaissons pas encore les raisons de ce déraillement», a ainsi déclaré Guillaume Pépy, évoquant, très ému, une «catastrophe ferroviaire». Dans la soirée, les internautes ont cru tenir une piste quand une vidéo de la SNCF, publiée le 29 juin, a ressurgi sur le Web, mettant en scène les récents travaux en gare de Brétigny. Dans cette vidéo intitulée «SNCF Infra se mobilise pour la remise en état rapide d'un aiguillage à Brétigny», sur un fond musical entraînant, défilent tour à tour des responsables de la zone pour expliquer la découverte «d'un défaut majeur» sur un aiguillage, puis l'intervention qui a suivi. Un petit film qui a fait le tour des réseaux sociaux, avant que la SNCF clarifie la situation. Non, affirme-t-elle, les travaux récemment effectués sur un aiguillage en gare de Brétigny-sur-Orge ne concernaient pas la voie où a dé raillé vendredi le train Paris-Limoges, a-t-elle précisé à l'AFP.

«Ce n'est pas une collision et ce n'est pas un problème de vitesse», a estimé, pour sa part, une source interne à la SNCF. Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, également sur place, a d'ailleurs confirmé que le train circulait à «une vitesse normale». «Il roulait à 137 km/h, pour une vitesse limite de 150 km/h», a-t-il précisé. Dans la soirée, Guillaume Pépy, a, quant à lui, ajouté que le train accidenté avait réussi à éviter un autre train qui circulait en sens inverse.

Un train était passé par là une demi-heure plus tôt

Patrick Ropert, directeur de la communication de la SNCF, a précisé, lors d'une conférence de presse organisée à 23h40, qu'un train était passé sur la même voie une demi-heure plus tôt, à 16h45, sans qu'aucun signalement particulier n'ait été fait à son passage. Par ailleurs, l'aiguillage à hauteur duquel le train est passé avait fait l'objet d'une tournée de surveillance le 4 juillet, a-t-il indiqué.

Vendredi soir, des dizaines de voitures de pompiers et de police étaient stationnées devant la gare, au milieu de badauds massés derrière des barrières de sécurité. Tout le quartier de la gare était bouclé. Les pompiers de Paris ont été appelés en renfort pour mobiliser «des moyens de secours déblaiement complet, c’est-à-dire ce qu'il faut pour désincarcérer des victimes, étayer une structure, découper, ce sont des moyens importants», a expliqué le lieutenant-colonel Pascal Le Testu. La circulation sur les grandes lignes a été coupée au départ et à l'arrivée de la gare d'Austerlitz à Paris. Ce vendredi est un jour de grands départs en vacances.