A la frontière belge, les Français font le plein de tabac

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A la frontière franco-belge, les Français font le plein de cigarettes, nettement moins chères qu'en France où elles augmenteront une fois encore lundi
A la frontière franco-belge, les Français font le plein de cigarettes, nettement moins chères qu'en France où elles augmenteront une fois encore lundi — AFP

Les enseignes criardes clignotent en plein jour au-dessus de vitrines remplies de seaux de tabac empilés les uns sur les autres: à Mouscron, à la frontière franco-belge, les Français font le plein de cigarettes, nettement moins chères qu'en France où elles augmenteront une fois encore lundi.

«Les Français, c'est 98% de la clientèle», assure à l'AFP Joyce Wijnne, derrière le comptoir de La Tabatière, l'un des huit débits de tabac qui jouent des coudes sur une cinquantaine de mètres de trottoirs à l'entrée de la ville frontalière.La Tabatière est ouverte de 06H00 à minuit, sept jours sur sept, comme les deux autres débits de tabac de la rue qui appartiennent au même propriétaire pakistanais. «Le chiffre d'affaires ne cesse d'augmenter», affirme la vendeuse : «les gens viennent de Lille, de Paris, de Bordeaux...».Lundi, le paquet de cigarettes augmentera de 20 centimes en France, ce qui mettra le paquet de Marlboro à 6,80 euros contre 5 euros en Belgique.Sur les étagères et dans la vitrine de la Tabatière s'entassent des dizaines de seaux et de boîtes de tabac destiné à être roulé ou introduit dans des tubes en papier à bout filtre à l'aide d'un petit appareil qui coûte 5 euros. Les étiquettes ne mentionnent pas de poids mais le nombre de cigarettes pouvant être fabriquées : de 240 à 1600.

Tabac moins cher

«C'est vraiment moins cher qu'en France», assure Séverine Havet, 31 ans employée dans la restauration, en s'apprêtant à remonter dans sa voiture après avoir acheté du tabac pour fabriquer 240 cigarettes à 11,30 euros, et 250 tubes en papier à 1,50 euro, pour elle et son ami.«On dépense 15 euros par semaine pour fumer chacun environ 20 cigarettes par jour», explique la jeune femme qui habite à Tourcoing (Nord), juste de l'autre côté de la frontière. «Je n'achète plus jamais de cigarettes en France», souligne-t-elle.Marvin, 19 ans, un étudiant d'Arras (Pas-de-calais), est venu pour la première fois acheter des cigarettes en Belgique. Dans son sac de sport, «quelques paquets de clopes et un pot de 400 grammes de tabac, à 37 euros pour 800 cigarettes», précise-t-il : «J'en ai eu pour 50-60 euros, en France, ça aurait fait 90 euros».Dans le Nord-Pas-de-Calais, les ventes de cigarettes et de tabac ont baissé de 14% au premier semestre 2013 par rapport au premier semestre 2012, selon la fédération des buralistes du Pas-de-Calais.En Belgique, les ventes de tabac en vrac ont de leur côté augmenté de 26,4% à 5,41 millions de tonnes au cours de cette période, selon des chiffres du ministère belge des Finances transmis à l'AFP.«Le maximum que j'ai fait, c'était 1.500 euros pour un client», se souvient le vendeur de l'une des boutiques de Mouscron, qui souhaite rester anonyme.«Plus personne dans la région n'achète ses cigarettes en France, et ils pourront augmenter les prix autant qu'ils veulent, les Français vont continuer de venir en Belgique».A trois kilomètres de là, au Courbet, l'un des débits de tabac les plus proches de la frontière, Fabrice Dupont, 60 ans, voit ses ventes de cigarettes diminuer sans discontinuer depuis qu'il a repris cet établissement en 1993.«Le volume des ventes a fondu de moitié en dix ans, à chaque augmentation du prix des cigarettes, c'est comme ça», constate, fataliste, le gérant du bar-tabac.