L'auriculothérapie, ou la santé par les oreilles

SANTE Cet été, «20 Minutes» se penche sur les médecines douces. Cette semaine, l'auriculothérapie...

Audrey Chauvet

— 

Séance d'auriculothérapie au laser.
Séance d'auriculothérapie au laser. — DURAND FLORENCE/SIPA

Elle ressemble à une médecine chinoise, et pourtant l’auriculothérapie est 100% française. Cette thérapeutique encore peu connue a été développée par un Français, Paul Nogier, dans les années 1950 et consiste à stimuler des points particuliers du pavillon de l’oreille pour soulager des douleurs ou se débarrasser de certaines addictions. Utilisée par des médecins hospitaliers pour alléger les effets secondaires des traitements anticancéreux, l’auriculothérapie est enseignée à l’université et exercée par quelque 200 praticiens en France.

Tout le corps dans l’oreille

Son principe repose sur une cartographie du pavillon de l’oreille, dont la nomenclature a été standardisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Raphaël Nogier, le fils de l’inventeur de l’auriculothérapie et président du Groupe lyonnais d’études médicales (Glem), raconte que son père a commencé à s’intéresser aux oreilles après avoir «rencontré un malade qui avait été immédiatement soulagé d’une sciatique qui durait depuis plusieurs mois par une brulure sur l’oreille». A l’époque, ce n’était pas un auriculothérapeute qui l’avait soigné, mais une «guérisseuse» de Marseille.

En approfondissant ses recherches, Paul Nogier a découvert que chaque point de l’oreille correspondait à une partie du corps et que certains points avaient des caractéristiques électriques particulières qui influent sur la température du corps et le système nerveux. Même si ce modèle théorique n’a pas encore été reconnu par la communauté scientifique, les témoignages de patients qui ont bénéficié de ces soins complémentaires se multiplient et des établissements hospitaliers, comme l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, ont intégré des séances d’auriculothérapie dans leur programme d’accompagnement des malades du cancer.   

Lutter contre la douleur

Concrètement, un auriculothérapeute va en premier lieu «ausculter» les oreilles pour détecter les points douloureux ou présentant des caractéristiques particulières. «Une fois qu’on les a trouvés, on les traite dans un ordre précis soit avec des aiguilles, soit des petits clous qu’on laisse en place quelques jours, soit par des infrarouges», explique Raphaël Nogier. Une séance par mois pour les maladies chroniques et une ou deux séances pour les douleurs aigües peuvent suffire.

Utilisée pour réduire les douleurs, les troubles fonctionnels comme la migraine, la constipation ou la fatigue, les troubles du sommeil ou les dépressions nerveuses réactionnelles, l’auriculothérapie peut aussi aider à se débarrasser de la cigarette. Mais attention, l’auriculothérapie ne se substitue pas aux traitements traditionnels, elle les accompagne. «Supprimer une douleur abdominale, par exemple, pourrait faire passer à côté d’une appendicite. On ne traite jamais une douleur dont on ne connaît pas l’origine», rappelle Raphaël Nogier.