Trois personnes encornées dans les lâchers de taureaux à Pampelune: «C’est inévitable, c’est la jeunesse»

Gilles Wallon

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Un homme tombé près d'un taureau, lors d'un «encierro» de San Fermin, le 9 juillet 2003 à Pampelune.
Un homme tombé près d'un taureau, lors d'un «encierro» de San Fermin, le 9 juillet 2003 à Pampelune. — AFP PHOTO/RAFA RIVAS

«Tout le monde a besoin d’un peu d’adrénaline. Il y en a qui fument des pétards, nous on court avec les taureaux. C’est inévitable, c’est la jeunesse.» Gilbert Arnaud, éleveur de taureaux sauvages en Camargue, regarde avec philosophie les accidents entourant chaque été les traditionnels lâchers de taureaux organisés en Espagne.

Trois coureurs ont été blessés par des coups de corne vendredi dans les rues de Pampelune, dans le nord du pays, lors du sixième lâcher de taureaux des fêtes de la San Fermin, le plus sanglant de cette année. 

« Pas agressifs »

« Il y aura toujours des pépins. Les touristes sont cent fois plus nombreux qu’il y a quelques années. Il y a dix fois plus d’accidents, c’est normal », assure l’éleveur camarguais, qui avait accueilli dans sa manade Nicolas Sarkozy pour une mémorable balade à cheval lors de la campagne présidentielle de 2007. Mais il tient à mettre les points sur les i : « C’est d’abord dans les bousculades que les gens se font mal. L’accident est toujours bête. Les taureaux ne sont pas agressifs. Ils ne vont pas s’arrêter en pleine course pour mettre des coups de corne à quelqu’un. Simplement, ils sortent des pâturages, des herbages. Alors ils sont désorientés, effrayés par la foule, et ils se mettent à courir. C’est l’instinct de survie. » 

Si vous brûlez de vous frotter aux taureaux cet été, la seule précaution à prendre est de « savoir dans quoi vous vous lancez », prévient Gilbert Arnaud. Votre forme physique et votre capacité à courir joueront bien sûr un rôle, mais elles n’empêcheront pas les imprévus. « On est entourés de gens qui ne prennent pas garde, conclut l’éleveur. Mais ce ne sont pas des fous non plus. Courir devant un taureau, ce n’est pas plus fou que les Parisiens qui courent derrière leur métro. » Les fêtes de Pampelune s'achèvent le 14 juillet.