«La politique du chiffre» responsable de «dérives» dans la mesure de la délinquance

SECURITE Un rapport dénonce la politique du chiffre en matière de sécurité...

20 Minutes avec AFP
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La police effectue un contrôle d'identité à Mantes-la-Jolie (Yvelines).
La police effectue un contrôle d'identité à Mantes-la-Jolie (Yvelines). — V. WARTNER / 20 MINUTES

L'Inspection générale de l'administration (IGA) épingle vendredi,  dans un rapport, ce qu'elle considère être des «dérives» dans le  contrôle de l'enregistrement des plaintes observées «depuis 2006 ou  2007». Elle les attribue «largement» à la «politique du chiffre» en  matière de sécurité. Une politique dénoncée déjà par les cadres de la  police.

«Le management par objectifs de la délinquance, connu sous la  dénomination de »politique du chiffre« a largement contribué à cette  absence ou ce désengagement du contrôle de l'enregistrement» des  plaintes par la hiérarchie, affirme le rapport de l'IGA commandé par Manuel Valls.

A peine arrivé place Beauvau le 17 mai 2012, le ministre de  l'Intérieur avait prévenu qu'il n'y aurait pas, en matière de sécurité,  de «course effrénée aux chiffres» contrairement, selon lui, à la  pratique du précédent gouvernement.

«Les chefs de service, placés entre l'injonction d'afficher de bons  résultats et l'impératif de contrôler la bonne application du guide de  méthodologie statistique, privilégiaient souvent la première option»,  poursuit le rapport.

Il ajoute que «certaines directives de l'administration centrale ont  pu contribuer à minorer fortement les statistiques de la délinquance en  généralisant des pratiques d'enregistrement non conformes».

«Près de 130.000 faits»

L'IGA cite notamment deux directives qui ont fait sortir «dès 2007 et  les années suivantes, près de 130.000 faits» par an de l'Etat 4001 des  forces de l'ordre, l'outil statistique classifiant les infractions en  zones police et gendarmerie en fonction des plaintes.

Le rapport confirme par ailleurs «une rupture statistique» suite au  déploiement dans la gendarmerie du logiciel Pulsar, en janvier 2012, qui  a eu un impact sur les chiffres entre 2011 et 2012, à hauteur de 35.000  à 50.000 faits annuels, soit 3,5 à 5% de la hausse de la délinquance  constatée en zone gendarmerie.

L'explosion des chiffres de la gendarmerie connue depuis fin 2012 a  alimenté les critiques de l'opposition qui dénonce un «laxisme» du  gouvernement.

Ce rapport intervient alors qu'une mission parlementaire a mis en  cause en avril l'outil de mesure de la délinquance, rejoignant ainsi la  volonté de Manuel Valls de réformer en profondeur cet appareil statistique  contesté, pour éviter des «manipulations».

Parmi ses dix recommandations, l'IGA préconise d'«instaurer un contrôle de l'enregistrement des plaintes».