Manuel Valls veut réduire la vitesse sur les routes

Delphine Bancaud
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Un radar embarqué dans une voiture de la police à Blagnac, le 11 juin 2013.
Un radar embarqué dans une voiture de la police à Blagnac, le 11 juin 2013. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA

La vitesse maximale autorisée sur les routes va-t-elle encore baisser? La question est plus que jamais d’actualité après les propos tenus ce jeudi, par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls (PS), lors de sonbilan de l’accidentalité au premier semestre 2013.

«La réduction de la vitesse sur les routes est inéluctable», a-t-il martelé, en rappelant qu’en 2012, 26% des accidents mortels avaient pour cause identifiée la vitesse. Cette automne, lors du prochain conseil national de la sécurité routière, des propositions pourront être prises dans ce sens. Manuel Valls a appuyé sa démonstration en citant l’Espagne qui, après avoir baissé la vitesse maximale autorisée, a vu le nombre morts sur les routes passer au-dessous de la barre des 1.500.

Les associations de prévention routière satisfaites

Ces mesures pourraient concerner les autoroutes, dont la vitesse maximale pourrait passer de 130 à 120 km/h, ainsi que le réseau secondaire ( 90 à 80 km/h) et même le périphérique parisien qui passerait lui de 80 à 70 km/h.

Des intentions saluées par Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre violence routière: «Si le ministre souhaite conserver son objectif de passer sous la barre des 2.000 morts d’ici à 2020, il doit impérativement cibler la vitesse. Et pour ce faire, il faut la diminuer de 10 km/h sur l’ensemble du réseau sauf en ville.» La vitesse  excessive est également dans le collimateur de la principale fédération d'usagers des transports, la Fnaut, qui a demandé récemment une réduction de 10 km/h de la limitation sur autoroute, plus de sanctions pour les petits excès, ainsi qu'une extension des zones 30 km/h en ville. 

Des limitations qui restent, en revanche, en travers de la gorge de 40 millions d’automobilistes. «Ces mesures sont d’autant plus incompréhensibles que l’on connait une baisse historique des accidents sur la route en France depuis trois ans, tempête Pierre Chasseray, délégué général de l’association. C’est comme si un professeur décidait de punir sa classe alors qu’elle avait d’excellentes notes.»

Miser sur les radars nouvelle génération

Autre arme anti-vitesse que le ministre souhaite développer: les radars mobiles nouvelle génération, mis en place en mars et qui viennent renforcer l’action des 4.000 radars fixes. Intégrés dans des véhicules banalisés, ils contrôlent des voitures en mouvement. En quatre mois, 46 radars de ce type ont été mis en place et 15.000 contraventions ont été dressées. La preuve de leur efficacité pour Valls,  qui a annoncé que «100 nouvelles installations seront réalisées chaque année».

Une bonne mesure selon Chantal Perrichon, «car ces radars sont difficilement détectables par les automobilistes». Et pour qu’ils le soient encore moins, ce dispositif ne sera plus uniquement présent dans des Renault Mégane, mais dès la rentrée, ils le seront aussi dans des Peugeot 208 et d’autres modèles de voitures.

 Enfin, le mois dernier, le ministre a demandé au Conseil national de la sécurité routière (CNSR) de se pencher sur la question de l'introduction de «boîtes noires» dans les voitures afin de connaître les données techniques, en particulier la vitesse, dans les secondes précédant un accident. «Une expérimentation a été menée à Berlin et a montré que ce dispositif entrainait une baisse de l’accidentalité de 36% car les automobilistes, sachant que leurs faits et gestes étaient enregistrés, ont été plus prudents et roulaient moins vite», explique Frédéric Péchenard, le délégué interministériel à la sécurité routière. La France pourrait donc prochainement expérimenter aussi ce dispositif.