Faits divers en été: «Faites attention aux prédateurs !»

Vincent Vantighem

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Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série.
Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série. — RODRIGUEZ SERGE/SIPA

Ça sent bon le sable chaud, la crème solaire et le… sang frais. Pour ses devoirs de vacances, 20 Minutes a décidé de consacrer une série aux faits divers de l’été. De l’aire d’autoroute à la plage en passant par les chemins de randonnée ou les campings, chaque semaine sera l’occasion de raconter les histoires les plus glaçantes qui se sont produites pendant les vacances. Mais avant de dévoiler le premier volet, Stéphane Bourgoin, libraire et spécialiste des tueurs en série, explique pourquoi l’été peut donner lieu à des images bien loin de celles des cartes postales…

L’été est-il une saison propice aux crimes?

Statistiquement, il n’y a pas de période plus favorable qu’une autre pour tuer. Mais il est vrai que médiatiquement, c’est une période plus propice pour en parler. La vie politique est en sommeil l’été. Les faits divers prennent donc plus de place dans les médias. D’autant plus que les ventes durant les mois de juillet-août sont souvent en baisse. Les rédactions n’hésitent donc pas à mettre en avant les histoires sanglantes pour vendre un peu plus. Chaque année, nous avons ainsi droit au fait divers de l’été. En 2003, il s’agissait du meurtre d’Audrey sur l’île de Ré. En 2007, c’était la disparition de Maddie. En 2011, la tuerie d’Utoya en Norvège.

C’est donc juste un effet médiatique?

Pas seulement. Nous savons tout de même que les crimes sexuels sont en augmentation durant l’été. Les causes sont connues. La chaleur accentue le désir. D’autant que les gens sont moins vêtus et surtout moins vigilants. Tout est accentué durant les vacances. On consomme plus d’alcool. On va plus en boîte de nuit. En somme: les conduites à risque sont multipliées. Et les prédateurs sont nombreux.

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L’affluence sur les routes accentue-t-elle cet effet?

Oui, la transhumance est l’une des causes des faits divers estivaux. Il y a beaucoup de monde sur les routes et nous savons que de plus en plus de prédateurs sont des voyageurs. Francis Heaulme n’est pas un cas isolé. Ainsi 40% des serial killers européens ont tué au moins une fois dans un autre pays que le leur.

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La profession de chauffeur routier est aussi très représentée chez les tueurs. Attention, cela ne veut pas dire que les routiers sont tous des tueurs. Mais plutôt que les tueurs choisissent cette profession. Volker Eckert, que l’on a surnommé «le tueur au polaroïd», était routier. Il a tué en Italie, en France, en Allemagne, en Pologne…

Vous incitez donc à la prudence?

Je dis aux vacanciers qu’il faut être vigilant. Les vacances sont faites pour souffler. Mais faites attention aux prédateurs !